Politique




Motion de défiance avortée à l’Assemblée nationale : comment Jacquemain Shabani a échappé à la chute

Ce devait être le jour de vérité pour Jacquemain Shabani. Ce mercredi 29 avril 2026, le Vice-Premier ministre de l’Intérieur…

Ce devait être le jour de vérité pour Jacquemain Shabani. Ce mercredi 29 avril 2026, le Vice-Premier ministre de l’Intérieur et de la Sécurité affrontait une motion de défiance devant l’Assemblée nationale. Mais l’hémicycle en a décidé autrement. Revirement, coups de théâtre et accusations de fraude : la séance aura tenu toutes ses promesses.

Une plénière sous haute tension

Dès l’ouverture, l’ambiance est électrique. 490 députés sur 500 ont fait le déplacement. Du jamais-vu pour une simple motion ? C’est que l’enjeu est colossal : faire tomber l’un des hommes forts du gouvernement.

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ



À la manœuvre, Laddy Yangotikala, élu de Kisangani. Devant ses pairs, il déroule un réquisitoire implacable. Sa cible ? Un ministre jugé « inefficace » face à l’insécurité galopante. Braquages, vols à main armée… Selon lui, Kinshasa et les grandes villes du pays sombrent. Et le VPM de l’Intérieur regarderait ailleurs.

Mais les griefs ne s’arrêtent pas là. Yangotikala évoque aussi des ingérences présumées et des abus de pouvoir dans plusieurs provinces : Kinshasa, Haut-Katanga, Kasaï-Central, Tshopo. Des interférences dans les institutions locales qui, selon les initiateurs de la motion, justifient pleinement une mise en cause politique.

Le moment où tout bascule

Alors que la tension est à son comble, un député se lève. Gary Sakata. Il ne parle pas du fond, mais de la forme. Et ce qu’il révèle fait l’effet d’une bombe.

« Des signatures de personnes non habilitées… des incohérences dans l’identification… des noms mal orthographiés… » Il va plus loin : « Ils ont écrit “Imani” au lieu de “Amani”, “Pua” au lieu de “Puwa”. Ce ne sont pas des erreurs, ce sont des faux. »

Selon lui, les signatures auraient été obtenues « de manière dolosive ». Sa conclusion est cinglante : la motion est entachée d’une fraude avérée. Il demande son rejet pur et simple pour vice de forme.

Une motion incidente qui change tout

L’hémicycle retient son souffle. La motion incidente déposée par Sakata est mise au vote. Résultat : adoptée à la majorité. Conséquence immédiate : la motion de défiance initiale est déclarée irrecevable. Fin de la procédure. Pas de débat sur le fond. Pas de vote contre le ministre.

Le président de l’Assemblée nationale referme le dossier d’une simple déclaration. Jacquemain Shabani, soufflé par ce retournement, peut souffler. Pour l’heure, son fauteuil ne vacille plus.

Un répit politique, pas une victoire définitive

Ce mercredi 29 avril restera comme le jour où la forme a eu raison du fond. Les partisans du VPM y verront une victoire procédurale. Ses adversaires dénoncent un coup d’accélérateur judiciaire.

Une certitude : l’opposition parlementaire a échoué à franchir la première marche. Mais dans une Assemblée où 490 députés étaient présents – signe d’un intérêt rare – la bataille politique, elle, ne fait peut-être que commencer.

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP