L’Assemblée provinciale de Kinshasa a adopté la proposition d’édit sur la réglementation du transport par taxi-moto. Le texte impose le casque au chauffeur et au client. Il interdit la conduite aux mineurs, policiers, militaires, fonctionnaires et étrangers. L’excès de vitesse et l’ivresse sont prohibés. Les contrevenants paieront des amendes.
L’initiative est portée par le député provincial Nicolas Wemakoy. Il est président de la Commission Politique, Administrative et Juridique. Sa proposition tient pour le respect du code de la route.
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Le président de l’Assemblée provinciale, Lévi Mbuta, a salué le vote. Pour lui, les élus de Kinshasa viennent ainsi de répondre à l’une des « préoccupations majeures des Kinois et Kinoises ».
Transport interdit pour les femmes enceintes et enfants de moins de 12 ans
Lévi Mbuta dénonce les abus. « Les taxi-motos communément appelés Wewa aident des Kinois et Kinoises. Mais nous avons remarqué beaucoup d’anomalies. Des nombreux Kinois meurent par des accidents de motos. Certains sont fracturés et restent avec des défauts », a-t-il déclaré.
L’édit fixe des interdictions claires. Les femmes enceintes proches de l’accouchement ne peuvent plus monter. Les enfants de moins de 12 ans non accompagnés sont interdits. Les personnes en état d’ivresse et les personnes âgées non accompagnées également.
Policiers, militaires et étrangers exclus du métier
Le texte rend le casque obligatoire pour tous. Il interdit l’excès de vitesse. Il punit la conduite en état d’ivresse. Les chauffeurs doivent présenter leurs documents.
L’édit liste les métiers interdits : les mineurs ne peuvent pas conduire, les policiers et militaires non plus, les fonctionnaires de l’État et les étrangers.
Sens unique : amendes prévues contre les Wewa
« Nos frères Wewa adorent le sens unique. Avec cette loi, si vous prenez le sens unique, la loi va vous arrêter », a averti Lévi Mbuta. Les amendes sanctionneront les infractions. Le non-respect du tarif fixé par l’Hôtel de Ville aussi.
Ce vote tente de mettre fin au désordre. Les chauffeurs des taxis-motos roulent sans casque. Ils accèdent au centre-ville malgré l’interdiction. Ils fixent leurs propres prix. Plusieurs campagnes ont échoué par le passé.
Selon l’Assemblée provinciale, une vaste campagne de sensibilisation doit précéder l’application. L’édit attend la signature du Gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba.
Kinshasa et les Wewa : 10 ans de tentatives sans loi
L’Assemblée provinciale n’agit pas dans le vide. Kinshasa tente de réguler les taxis-motos depuis 2014. Les mesures se sont succédées. Aucune n’a tenu.
André Kimbuta, alors Gouverneur en 2014, avait lancé l’opération « casque et gilet ». L’objectif était de réduire les morts. Les chauffeurs ont refusé d’acheter les équipements. La mesure n’a duré 2 mois.
En 2018, l’Hôtel de Ville lance les plaques « TM » pour taxis-motos. Le coût était de 50 USD. Moins de 15% des motos ont été enregistrées, selon la Division urbaine des Transports 2023.
En 2022, l’ex Gouverneur Gentiny Ngobila avait interdit la circulation des motos au centre-ville, de 6h à 18h. Le Gouverneur tenait à fluidifier le trafic. Conséquences : les barrages policiers sont contournés. La mesure tombe en 3 semaines.
La Ville de Kinshasa lance en 2023 l’app « Wewa ID » pour l’identification numérique des motos. Chaque chauffeur reçoit un QR code. La ville luttait contre les braquages. Les chiffres officiels indiquent que seulement 8 000 chauffeurs se sont enregistrés sur les 500 000.
L’édit Wemakoy change la donne
Les experts évoquent l’absence de loi. Toutes les mesures passées étaient des arrêtés du Gouverneur. Aucun édit provincial ne fixait des sanctions claires. Ils accusent les agents de l’ordre de négocier pour des arrangements avec les chauffeurs.
La proposition d’édit du député Nicolas Wemakoy vient réguler le secteur. C’est un édit provincial, pas un simple arrêté. Les amendes sont opposables devant les tribunaux. Les sanctions ciblent le sens unique, l’ivresse, l’absence de casque. L’exclusivité kinoise répond aux braquages.
L’édit attend la signature du Gouverneur Daniel Bumba.



