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Création du FRN : Mukoko Samba accuse Joseph Kabila de « trahir le Congo »

Le ministre de l'Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a réagi, mardi 13 octobre 2026, à la création du Front pour…

Le ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a réagi, mardi 13 octobre 2026, à la création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN) par l’ancien Président Joseph Kabila, le 12 octobre 2026 à Goma, en dénonçant une « trahison » du serment présidentiel et en rappelant la phrase de Laurent-Désiré Kabila : « Ne jamais trahir le Congo ».

Dans une déclaration politique à forte portée, Daniel Mukoko Samba confronte la création de ce mouvement politico-militaire à l’exigence de souveraineté, d’intégrité territoriale et de dignité du peuple congolais.

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« Ne jamais trahir le Congo » : un serment, pas un slogan

Pour Daniel Mukoko Samba, la phrase de Laurent-Désiré Kabila n’est pas un slogan. C’est un serment. « Cinq mots pour dire un devoir : placer la patrie au-dessus de soi », a-t-il martelé.

Le ministre en donne une définition en trois temps. D’après lui, « ne jamais trahir le Congo », c’est d’abord ne pas trahir sa souveraineté, le droit d’un peuple à décider seul de son destin. C’est ensuite ne pas trahir l’intégrité de son territoire. Et, c’est enfin ne pas trahir la dignité de ceux qui l’habitent.

« Un ancien Président n’est pas un citoyen comme les autres »

Le cœur de la charge du ministre porte sur le statut de Joseph Kabila.

« Un ancien Président de la République n’est pas un citoyen comme les autres. Il a prêté serment devant la nation. Ce serment ne s’éteint pas avec la fin du mandat : il engage sa personne, son nom et son héritage. Ses choix se jugent à cette aune, et à celle-là seulement », a-t-il poursuivi.

Cette déclaration de Mukoko Samba est largement partagée par les acteurs du pouvoir. Pour Kinshasa, la création du FRN ne peut donc pas être lue comme un simple acte d’opposition. Elle engage la responsabilité historique de celui qui a dirigé le pays pendant 18 ans.

L’Est : la souffrance comme argument politique

Daniel Mukoko Samba oppose ensuite le discours de refondation à la réalité du terrain dans l’Est de la RDC.

« Nos compatriotes de l’Est ne demandent pas la guerre. Ils demandent la sécurité, la paix, le retour dans leurs foyers, la reprise de leurs champs et de leurs commerces. »

Leur souffrance, poursuit-il, devrait être la première préoccupation de tout responsable congolais. Elle ne saurait devenir, dit-il, « un marchepied vers le pouvoir ».

Le ministre conclut sa déclaration en retournant le mot d’ordre du FRN contre ses fondateurs : « Refonder la Nation, dites-vous. Cela n’a de sens que si celui qui prétend la refonder commence par respecter ses frontières, sa souveraineté et son peuple. »

Les motivations de Kabila et son adresse du 9 octobre

Pour rappel, la motivation avancée par Joseph Kabila pour créer le FRN part de son constat personnel. Pour lui, le pays est bloqué : la guerre dans l’Est s’éternise sans solution, le dialogue avec le pouvoir actuel est fermé et ses propositions de sortie de crise, formulées depuis mai 2025, sont restées sans réponse.

Dans son adresse du vendredi 9 octobre 2026, il promettait de prendre sa décision parce qu’il estimait qu’il ne reste plus rien à attendre du pouvoir en place.

Le 12 octobre 2026, il a présenté en effet son mouvement non pas comme une rébellion classique, mais comme une plateforme de refondation. Selon sa logique, il faut fédérer toutes les forces qui s’opposent au régime actuel, politiques et militaires, pour imposer un changement de gouvernance et restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.

C’est ce projet, justifié selon lui par l’urgence de sauver le pays, que Daniel Mukoko Samba conteste frontalement en lui opposant le serment de « Ne jamais trahir le Congo ».

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