Le bras de fer entre les syndicats de la santé et le Gouvernement congolais franchit un nouveau cap. Faute d’avancées concrètes sur leurs revendications professionnelles, les agents et cadres du secteur sanitaire sont appelés à observer une grève générale à partir du jeudi 15 octobre 2026, à 8 heures, dans l’ensemble des structures sanitaires de la République démocratique du Congo (RDC).
L’annonce a été faite par l’Intersyndicale du secteur de la santé en RDC (ISS-RDC), dans une correspondance datée du 12 octobre et adressée au vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique. Dans ce document, dont une copie est parvenue au journal Le Potentiel, les représentants des travailleurs expriment leur « profond mécontentement » face à ce qu’ils considèrent comme l’inaction des autorités.
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Pour les syndicats, les engagements pris par le Gouvernement n’ont pas été suivis de mesures concrètes susceptibles de répondre aux attentes du personnel soignant.
Dialogue infructueux : les syndicats passent à la grève
Avant d’en arriver à cette décision, l’ISS-RDC affirme avoir privilégié les démarches de dialogue avec les autorités. Mais les différentes initiatives entreprises n’auraient pas permis d’obtenir les résultats escomptés.
Les représentants des travailleurs rappellent avoir transmis un ultimatum le 18 septembre 2026, avant de déposer un préavis de grève de sept jours le 30 septembre dernier.
En l’absence d’avancées jugées suffisantes, l’Intersyndicale a décidé de mettre sa menace à exécution. Le mouvement annoncé concerne l’ensemble des structures sanitaires du pays, ce qui place les autorités devant l’urgence de trouver une issue à ce conflit social.
Salaires, primes et carrières : les principales exigences du personnel
Au cœur de la contestation figurent plusieurs revendications salariales, administratives et professionnelles, que les syndicats estiment indispensables à l’amélioration des conditions de travail des agents de santé.
Sur le plan de la carrière, l’ISS-RDC réclame notamment la reprise de l’admission sous statut, suspendue depuis 2023, ainsi que la promotion en grades. Selon les représentants syndicaux, la dernière promotion remonte à 2002 pour la majorité des professions concernées.
Les revendications portent également sur la mécanisation au salaire de base, l’alignement à la prime de risque professionnel, le réajustement barémique promis depuis octobre 2023 et le paiement des arriérés de prime de risque.
À ces exigences s’ajoutent la réaffectation des agents toujours en attente d’affectation et l’organisation de missions de contrôle physique.
L’Intersyndicale demande aussi la création d’une fonction publique hospitalière. Elle réclame, par ailleurs, d’être associée à la mise en œuvre de la Couverture santé universelle (CSU) et plaide pour l’application effective des mécanismes du Fonds de promotion de la santé.
Autant de dossiers que les syndicats présentent comme des points essentiels à résoudre pour sortir de l’impasse.
Les autorités mises en garde contre toute intimidation
Dans son appel à la mobilisation, l’ISS-RDC invite les agents concernés à respecter les consignes syndicales. Elle met également en garde les responsables administratifs et hiérarchiques contre toute tentative d’intimidation, de menace ou de représailles visant les travailleurs qui participeront à la grève.
La correspondance précise que les éventuels actes de cette nature seront documentés et signalés. Un avertissement qui témoigne de la fermeté des syndicats à l’approche du mouvement.
L’Intersyndicale ne ferme toutefois pas la porte aux négociations. Elle se dit disposée à participer à toute rencontre qu’elle juge sérieuse et constructive, à condition que les discussions aboutissent à des engagements précis, assortis d’un calendrier réaliste et de mécanismes de suivi.
Signée par 15 représentants de différentes organisations syndicales, dont l’UNIIC, le SYNAPMS, le SYNACASS et l’UNTC, la correspondance appelle à un règlement rapide du différend afin de préserver la paix sociale dans le secteur de la santé.
À la veille du déclenchement de la grève, l’enjeu est désormais de savoir si le Gouvernement parviendra à apporter des réponses concrètes aux revendications avant que le mouvement ne s’installe dans la durée.



