SociétéEducation, Société




RDC : le Gouvernement dresse un bilan d’étape exigeant du PAAF pour l’éducation des filles

Le Gouvernement Congolais passe le Projet d’Apprentissage et d’Autonomisation des Filles (PAAF) au crible. Lundi 11 mai 2026, à Kinshasa,…

Le Gouvernement Congolais passe le Projet d’Apprentissage et d’Autonomisation des Filles (PAAF) au crible. Lundi 11 mai 2026, à Kinshasa, la Ministre d’État, Ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a ouvert la revue à mi-parcours de ce programme de 400 millions de dollars financé par la Banque Mondiale. L’objectif : mesurer les avancées, pointer les blocages et réajuster les actions pour garantir un accès réel des filles au secondaire. L’initiative couvre dix provinces jusqu’en décembre 2028 et prévoit le recrutement de 5 000 enseignantes.

« Un moment de vérité » : Raïssa Malu refuse le bilan complaisant

Devant les experts, partenaires techniques et coordonnateurs réunis, la Ministre d’État a donné le ton.

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ



« Après plus de deux années de mise en œuvre, je prends la parole devant vous avec un sentiment de gravité et une exigence de clarté », a lancé Raïssa Malu.

Pour elle, l’exercice dépasse le cadre administratif. Il s’agit de confronter les ambitions du PAAF aux réalités du terrain. La Ministre a exigé de la franchise dans l’analyse des freins qui ralentissent encore l’exécution du projet.

Un levier aligné sur la vision du Gouvernement

Le PAAF n’est pas un programme isolé, selon la Ministre. Il s’inscrit dans la politique du Gouvernement Congolais. L’enjeu est stratégique : assurer aux filles un accès équitable à un enseignement secondaire de qualité.

Dans la foulée, Raïssa Malu a pointé des lourdeurs dans l’octroi des bourses scolaires, notamment dans l’espace Kasaï. Elle réclame ainsi des procédures qui allient rigueur, rapidité et transparence.

« Les populations n’attendent pas des ajustements comptables, mais des résultats tangibles », a-t-elle martelé. Elle refuse en même temps d’exclure les zones touchées par l’insécurité.

Pérenniser les acquis : manuels, digitalisation et lutte contre les VBG

Au-delà des dix provinces ciblées, la Ministre veut ancrer les effets du PAAF dans tout le système éducatif. Elle cite la distribution des manuels, la numérisation des supports pédagogiques, la formation des inspecteurs et la lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG). Elle insiste par ailleurs sur la production d’un impact national de ces actions.

Le PAAF, entré en vigueur le 24 juillet 2023, court jusqu’au 29 décembre 2028. Il vise le Kasaï, Kasaï-Central, Kasaï-Oriental, Sud-Kivu, Ituri, Kinshasa, Kongo-Central, Kwilu, Lomami et Nord-Kivu.

Banque Mondiale : 200 000 bourses déjà accordées

Le directeur des opérations de la Banque Mondiale, Albert Zeufack, a listé les premiers résultats.

D’après lui, plus de 200 000 élèves ont reçu des bourses scolaires. Des infrastructures ont été réhabilitées et des manuels de sciences distribués. Il a réaffirmé le soutien de la Banque Mondiale pour bâtir un système éducatif plus résilient et inclusif en République Démocratique du Congo.

Pour la coordonnatrice déléguée du PAAF, Alice Mutambayi, ces assises « doivent identifier les goulots d’étranglement et mieux orienter les interventions vers les bénéficiaires ».

Un financement de 400 millions USD pour former 5 000 enseignantes

Le PAAF mobilise 400 millions de dollars de la Banque Mondiale. Le programme prévoit le recrutement et la formation de 5 000 nouvelles enseignantes du secondaire dans les écoles publiques des provinces concernées.

Le Ministre d’État au Plan, Guylain Nyembo, a également pris part à cette cérémonie d’ouverture.

Selon le ministère de l’Éducation, cette revue s’aligne sur le plan quinquennal 2024-2029. Le texte mise sur un dialogue inclusif avec toutes les parties prenantes. L’objectif est de garantir des réformes légitimes et efficaces.

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP