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25 millions de dollars, la VAR et Shabani Nonda : le plan XXL de Mosengo-Omba pour ressusciter le foot congolais

C'est une phrase qui résume à elle seule l'état des lieux. Ce lundi 11 mai 2026, à Kinshasa, Véron Mosengo-Omba…

C’est une phrase qui résume à elle seule l’état des lieux. Ce lundi 11 mai 2026, à Kinshasa, Véron Mosengo-Omba n’est pas venu faire de la politique. Il est venu poser des chiffres sur la table. Devant une assistance suspendue à ses lèvres, l’ancien secrétaire général de la Confédération africaine de football (CAF) a déroulé le programme qui, si les urnes du 20 mai lui sourient, changera le visage du football congolais.

Son credo ? « FECOFA 2030 ». Un projet sur quatre ans. Un budget : 25,6 millions de dollars. Soit 6,4 millions par an. Une somme qui fait rêver – et qui interroge.

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Car l’homme qui fut l’un des cadres du football africain le sait mieux que personne : en RDC, ce n’est pas l’argent qui a manqué par le passé. C’est la manière de le dépenser. Alors cette fois, promet-il, tout sera différent. Audits indépendants annuels. Comptes publiés. Contrôle renforcé des fonds FIFA et CAF. La promesse d’une fédération « plus organisée, crédible et tournée vers l’avenir ».

Où va passer l’argent ? Le détail qui tue

Mosengo-Omba ne s’est pas contenté de grandes déclarations. Il a livré une feuille de route chirurgicale, presque chirurgicale. Voici comment seront répartis les 25,6 millions :

  • Sélections nationales : 5 millions USD – pour que les Léopards retrouvent leur fierté.

  • Compétitions nationales : 4 millions USD – la Linafoot doit respirer.

  • Football de base : 4 millions USD – la pépinière des talents de demain.

  • Football féminin : 3 millions USD – un effort historique pour les 26 provinces.

  • Infrastructures : 2,3 millions USD – des stades, des terrains, du concret.

  • Formation des entraîneurs : 1,5 million USD – on n’a jamais de bons joueurs sans bons coachs.

  • Direction technique nationale : 1,2 million USD – la mémoire et la méthode.

  • Audits, digitalisation et réformes : 800 000 USD – pour que tout ce beau monde rende des comptes.

  • Arbitrage (dont introduction de la VAR) : 800 000 USD – la technologie au service du jeu.

La première année (2026) absorbera 5,5 millions. La dernière (2029) grimpera à 7,6 millions. Une montée en puissance logique pour un projet qui veut d’abord poser des fondations solides avant de construire l’étage.

D’où viendra l’argent ? Du programme FIFA Forward, des appuis de la CAF, des revenus propres de la FECOFA… et de partenariats publics à hauteur de 16 millions de dollars. C’est là que le bât blesse. Car promettre 16 millions de l’État, en RDC, c’est prendre un risque. Mais Mosengo-Omba a décidé d’y croire.

VAR, foot féminin et anciennes gloires : les annonces qui font vibrer

La VAR débarque en Linafoot

L’annonce  fait l’effet d’une bombe. La VAR sera instaurée en Linafoot Ligue 1 dès la saison prochaine. Finies les polémiques arbitrales à répétition, du moins l’espère-t-il. Avec un budget de 800 000 dollars dédié à l’arbitrage, le candidat veut faire entrer le football congolais dans le XXIe siècle. Petite révolution technologique dans un pays où certains stades manquent encore d’électricité. Le défi est immense. L’ambition, vertigineuse.

3 millions pour les Lionnes du foot

C’est l’autre engagement fort : 3 millions de dollars sur quatre ans pour le football féminin. Une enveloppe qui ne se limitera pas à quelques tournois éphémères. Mosengo-Omba veut soutenir les clubs, organiser des compétitions nationales et développer la formation dans les 26 provinces. Parce que le football congolais, dit-il, ne sera vraiment grand que quand les femmes y joueront leur partition.

Shabani Nonda et les anciennes gloires

Le candidat ne veut pas reconstruire seul. Il appelle à la rescousse Shabani Nonda et toutes les anciennes gloires du football congolais. L’idée est simple : mettre l’expérience et la légende au service de la reconstruction. Un geste symbolique fort, qui parle autant au cœur qu’à la raison. Car au pays des Léopards, le football se transmet de génération en génération – et parfois, les meilleurs formateurs sont ceux qui ont porté le maillot.

Entre pari et nécessité

Le 20 mai 2026, les électeurs de la FECOFA devront choisir. D’un côté, la continuité. De l’autre, ce pari colossal signé Mosengo-Omba. 25,6 millions de dollars, 3 millions pour le foot féminin, la VAR, des audits indépendants, Shabani Nonda comme ambassadeur… Le programme est séduisant. Presque trop.

Mais l’ancien secrétaire général de la CAF le sait : ce n’est pas en sortant des chiffres qu’on change un pays. C’est en les réalisant. L’argent public promis viendra-t-il ? La VAR tiendra-t-elle dans des stades sans électricité fiable ? Les anciennes gloires accepteront-elles de s’engager vraiment ?

Autant de questions sans réponses, pour l’instant. Ce que Mosengo-Omba a apporté ce lundi 11 mai, ce n’est pas une certitude. C’est une direction. Une boussole pointée vers l’ambition, là où trop souvent, la résignation a prévalu.

Le football congolais souffre. Il saigne. Il attend. Et peut-être, juste peut-être, que ce 25,6 millions est le premier vrai chiffre d’une renaissance.

Rendez-vous le 20 mai. Les Léopards, eux, n’ont plus le temps de patienter.

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