La Régie des Fourrières et de Contrôle Technique des Véhicules de Kinshasa (RFCK) a officiellement lancé la seconde échéance du contrôle technique obligatoire depuis le 1er avril 2026. Dans un communiqué signé le 7 mai, son directeur général Joseph Kasinzi Mafolo appelle tous les propriétaires de véhicules à régulariser rapidement leur situation. Ensuite, la régie déclenchera la phase de « recouvrement forcé ».
Afin d’éviter des sanctions immédiates, la RFCK accorde une « période de courtoisie routière » aux usagers concernés. Pendant cette phase, les équipes suspendent les contrôles de vignettes ainsi que les procès-verbaux dans toute la ville. Toutefois, cette mesure prendra fin lors du « bouclage généralisé ». Le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, fixera personnellement la date de cette opération.
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Qui doit se conformer au contrôle technique ?
La RFCK cible plusieurs catégories d’usagers. Elle demande aux particuliers, aux entreprises, aux organismes internationaux et aux ambassades accréditées à Kinshasa de mettre leurs véhicules en règle.
La mesure concerne les voitures, mais aussi les motos à deux, trois et quatre roues.
Par ailleurs, les véhicules administratifs de moins de 20 tonnes ne bénéficient d’aucune exemption. Les services publics doivent donc présenter ces engins dans les centres agréés par la RFCK. Sinon, ils risquent des sanctions pendant les opérations de recouvrement.
Le « bouclage généralisé » inquiète les automobilistes
Le terme désigne une vaste opération de contrôle systématique annoncée par l’Hôtel de Ville. Lors des précédentes campagnes, les équipes mixtes RFCK-Police immobilisaient immédiatement les véhicules dépourvus de vignette valide avant leur mise en fourrière.
Selon le Code de la route congolais, un conducteur sans contrôle technique valide risque une amende comprise entre 50 000 et 100 000 francs congolais. En plus de cette sanction financière, les autorités peuvent placer le véhicule en fourrière.
C’est pourquoi la RFCK encourage les usagers à anticiper. Dans son communiqué, elle demande aux propriétaires de soumettre volontairement leurs véhicules au contrôle afin d’éviter « tout désagrément ».
Kinshasa veut assainir son parc automobile
Cette seconde échéance s’inscrit dans la politique d’assainissement du trafic lancée par le gouverneur Daniel Bumba Lubaki depuis son investiture en juin 2024.
Selon la Direction Générale des Impôts, Kinshasa compte plus de 1,2 million de véhicules enregistrés. Pourtant, moins de 30 % respecteraient les règles du contrôle technique, d’après les estimations publiées en 2024 par la Fédération des Entreprises du Congo.
Les autorités veulent ainsi réduire les accidents liés aux défaillances mécaniques. D’ailleurs, l’Organisation mondiale de la Santé classe la RDC parmi les dix pays africains affichant le plus fort taux de mortalité routière. En 2023, le pays enregistrait 33,7 décès pour 100 000 habitants.
Où effectuer le contrôle technique ?
La RFCK dispose actuellement de sept centres homologués. Ils se situent à Gombe, Limete, Masina, Ngaliema, Mont-Ngafula, N’djili et Kintambo.
Pour le moment, les autorités n’ont pas encore annoncé la date du recouvrement forcé. L’Hôtel de Ville attend d’abord d’évaluer le niveau d’adhésion volontaire des automobilistes.
Des agents formés avant les opérations de terrain
Avant cette nouvelle échéance, la RFCK a renforcé les capacités de ses inspecteurs et contrôleurs. Fin avril 2026, la régie a organisé une formation de cinq jours à l’Hôtel de Ville de Kinshasa.
Cette session visait notamment à harmoniser les procédures de contrôle et à limiter les abus sur le terrain.
D’après le communiqué final publié le 2 mai 2026, près de 150 agents ont suivi un recyclage sur trois modules : l’utilisation des nouveaux appareils de diagnostic, la déontologie professionnelle et la gestion des conflits avec les usagers.
Lors de la clôture, le gouverneur Daniel Bumba Lubaki a insisté sur une « tolérance zéro contre le rançonnement » pendant les opérations de recouvrement forcé.
Enfin, cette formation s’inscrit dans la feuille de route 2024-2028 de l’exécutif provincial. Les autorités veulent redorer l’image de la RFCK, souvent critiquée pour des cas de tracasseries pendant les contrôles de 2023 et 2024.
En septembre 2024, la Ligue de la Zone Afrique pour la Défense des Droits des Enfants et Élèves (LIZADEEL) avait d’ailleurs dénoncé plusieurs « perceptions illégales » sur certains axes routiers de Kinshasa.



