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Cessez-le-feu en RDC : l’Angola fixe une date, le M23 doit répondre

C’est une fenêtre qui s’entrouvre, quelque part entre l’espoir et la méfiance. Depuis Luanda, une voix s’est élevée pour dire…

C’est une fenêtre qui s’entrouvre, quelque part entre l’espoir et la méfiance. Depuis Luanda, une voix s’est élevée pour dire : « Ça suffit. » Et cette voix a même osé fixer une date.

Mardi, la présidence angolaise a lâché une information qui a fait le tour des capitales africaines : à compter du 18 février 2026, à midi, les armes pourraient se taire dans l’est de la République démocratique du Congo. Plus de vingt ans que cette terre saigne. Vingt ans que le M23 et l’armée congolaise s’affrontent par intermittence, dans l’indifférence relative du reste du monde.

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Mais cette fois, l’initiative est venue d’en bas, du cœur du continent.

La veille, dans un palais de Luanda, ils étaient tous là. Autour du Président João Lourenço, hôte et artisan de cette séquence diplomatique, se sont retrouvés Félix Tshisekedi, le Président congolais, Faure Gnassingbé, le médiateur désigné par l’Union africaine, et un vieux sage de la politique africaine, Olusegun Obasanjo. L’ancien chef d’État nigérian, habitué des dossiers complexes, avait été mandaté par l’UA pour faciliter ce dialogue.

Dans la salle, on ne s’est pas contenté de belles paroles. On a parlé concret. On a parlé d’une trêve, d’abord. Et ensuite, d’un vrai dialogue, cette fois.

Mais voilà. Le communiqué angolais, aussi solennel soit-il, contient une réserve de taille. Le cessez-le-feu ne sera effectif que si les deux parties — Kinshasa et le M23 — l’acceptent publiquement et formellement. Luanda a tendu la perche. Reste à savoir si les belligérants voudront la saisir, ou s’ils préféreront continuer à s’observer en chiens de faïence, doigt sur la gâchette.

Ce n’est pas tout. L’Angola ne veut pas d’une simple pause militaire. Elle veut un processus politique. Dans les prochains jours, ou les prochaines semaines, Luanda annoncera le lancement de la « phase préparatoire » d’un dialogue intercongolais. Ce ne sera pas une simple empoignade entre le gouvernement et les rebelles. On y invitera aussi des acteurs politiques, des chefs communautaires, des représentants de la société civile.

L’objectif ? Ne plus se contenter de panser les plaies. Creuser jusqu’aux racines du mal : la gouvernance locale défaillante, l’insécurité chronique, l’intégration impossible des combattants dans une vie normale.

Alors, sera-ce la bonne ? Depuis plus de deux décennies, l’est de la RDC est une terre de promesses non tenues. Mais cette fois, le ton a changé. Ce n’est plus une puissance étrangère qui dicte la paix. C’est l’Afrique elle-même, par la voix de ses présidents et de ses sages, qui dit : « Assez. »

Le 18 février approche. Le monde diplomatique retient son souffle. À Goma, à Bunia, dans les collines du Nord-Kivu, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants attendent, eux aussi. Ils attendent de voir si cette date restera gravée comme celle d’un sursis, ou celle d’un nouveau départ.

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