« Le Rwanda, bénéficiaire de l’insécurité » : le coup de gueule de Kinshasa

KINSHASA/PARIS – Le ton est monté d’un cran dans la guerre médiatique et diplomatique qui entoure la crise dans l’Est de…

KINSHASA/PARIS – Le ton est monté d’un cran dans la guerre médiatique et diplomatique qui entoure la crise dans l’Est de la RDC. Dans un entretien accordé à TV5 Monde, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a livré une charge virulente contre le Rwanda, l’accusant sans détour d’être « le principal bénéficiaire de cette insécurité organisée ».

Son diagnostic est sans appel : la paix est impossible tant que les intérêts stratégiques et économiques de Kigali, qu’il désigne comme l’acteur central de l’instabilité, restent servis par la guerre. « Toute initiative sérieuse visant le retour durable de la paix dans l’Est de la RDC entre en contradiction frontale avec les intérêts du Rwanda », a-t-il martelé.

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ



L’exploitation des ressources, cœur du conflit

Pour le porte-parole, le mobile du conflit est avant tout économique. Il a réaffirmé que l’exploitation illégale des ressources naturelles congolaises demeure le carburant de la crise, permettant au Rwanda, qu’il qualifie de « pays périphérique », de se financer et d’exister sur la scène internationale.

Un dialogue national conditionné au retrait rwandais

Sur la question sensible d’un dialogue national incluant toutes les communautés, dont les Banyamulenge, Patrick Muyaya a posé des conditions préalables inflexibles. Aucun dialogue interne n’est possible, selon lui, « dans un contexte d’occupation et d’agression ».

Il a conditionné toute discussion à un cessez-le-feu vérifiable, au retrait total et inconditionnel des forces rwandaises du sol congolais, et au respect strict des accords de Washington et de Doha. « Ce n’est pas un dialogue entre Congolais qui mettra fin à l’agression rwandaise », a-t-il tranché, identifiant clairement l’origine externe du mal.

Appel à l’unité et rappel de la souveraineté congolaise

Le ministre a profité de cette tribune internationale pour lancer un appel solennel à l’unité nationale. Il a rappelé que les Banyamulenge sont des Congolais à part entière, appelés à vivre en RDC et non à servir de « prétexte à une ingérence étrangère ».

Il a également mis en avant le poids stratégique de la RDC, géant de la Francophonie et détenteur des minerais critiques pour la transition énergétique mondiale, contrastant avec ce qu’il présente comme la posture déstabilisatrice d’un voisin.

Un récit destiné à l’opinion internationale

Cet entretien musclé sur une chaîne internationale s’inscrit dans une stratégie de communication offensive de Kinshasa. Il vise à « déconstruire le récit mensonger du Rwanda » sur la scène mondiale, à forcer les partenaires internationaux à prendre parti, et à raffermir le front interne à la veille du sommet de l’Union africaine.

Le message est clair : pour Kinshasa, la clé de la paix ne se trouve pas dans de nouvelles négociations entre Congolais, mais dans une pression internationale suffisante pour contraindre Kigali à cesser son « agression ». La balle est désormais dans le camp des capitales occidentales et africaines, sommées de choisir entre deux récits irréconciliables.

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP