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Judith Suminwa à New York le récit d’une diplomatie de combat à l’ONU

New York. Ses gratte-ciels, ses lumières, ses coulisses où se jouent les destins du monde. Chaque année, en septembre, la…

New York. Ses gratte-ciels, ses lumières, ses coulisses où se jouent les destins du monde. Chaque année, en septembre, la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies transforme la ville en théâtre diplomatique planétaire. Et cette année, la République démocratique du Congo n’a pas fait de la figuration. Elle avait une voix. Et cette voix, c’est Judith Suminwa qui l’a portée.

Une mission, mille combats

La Première ministre congolaise ne s’est pas contentée de représenter Félix Tshisekedi. Elle a incarné la RDC tout entière. Dans les panels, les audiences, les forums, les échanges bilatéraux et multilatéraux, elle a déroulé un agenda qui ressemble à une liste de priorités vitales pour un pays sous pression : paix, sécurité, développement, santé, coopération internationale, mobilisation des investissements.

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« La Cheffe du Gouvernement congolais a porté la voix de la RDC », résume sobrement la Primature dans son communiqué. Mais derrière cette formule administrative se cache une réalité bien plus dense. Car chaque mot prononcé par Judith Suminwa à New York portait le poids d’un pays qui, à l’Est, continue de vivre sous la menace des armes et des épidémies.

Le PAM et le PNUD : des partenaires en première ligne

Parmi les rencontres décisives de ce séjour, deux retiennent particulièrement l’attention. La première avec le Programme alimentaire mondial (PAM). Au cœur des discussions : la lutte contre Ebola, cette maladie qui a déjà fait plusieurs morts en Ituri. Le PAM a réaffirmé son appui logistique et humanitaire. Un soutien crucial, alors que la 17ᵉ épidémie frappe une région déjà meurtrie par les conflits.

La seconde avec Alexander De Croo, administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Au menu : infrastructures, électrification, connectivité du territoire, agriculture, gouvernance. Des dossiers qui, mis bout à bout, dessinent l’avenir d’un pays qui veut rattraper des décennies de retard.

Le dîner de Donald Trump : une clôture en apothéose

Mais l’image qui restera de cette mission, c’est peut-être celle d’un dîner. Un dîner offert par le Président des États-Unis, Donald Trump, aux dirigeants présents à New York. Judith Suminwa y était. Cette séquence diplomatique s’est achevée autour de ce repas, marquant la clôture de la participation congolaise.

Que faut-il y voir ? Un simple protocole ? Ou le signe que la RDC, malgré ses crises, reste un interlocuteur incontournable sur la scène internationale ? Dans le jeu diplomatique, chaque geste compte. Chaque table partagée est un message. Et cette invitation, dans le contexte actuel, n’est pas anodine.

Une diplomatie de combat

Ce que Judith Suminwa a livré à New York, c’est une diplomatie de combat. Pas celle des grandes déclarations solennelles, mais celle des rendez-vous concrets, des échanges directs, des partenariats noués dans l’urgence. La RDC n’est pas venue demander la charité. Elle est venue présenter ses priorités, défendre ses intérêts, et rappeler au monde que sa stabilité est un enjeu global.

L’Est du pays est en feu. L’Ituri lutte contre Ebola. Les déplacés se comptent par millions. Dans ce contexte, chaque soutien obtenu, chaque partenariat renforcé, chaque main tendue est une victoire. Modeste, peut-être. Mais réelle.

La mission new-yorkaise de Judith Suminwa n’a pas fait la une des médias internationaux. Elle n’a pas provoqué de séisme diplomatique. Mais elle a fait ce que la diplomatie exige parfois de plus difficile : être présente, porter sa voix, et rappeler que la RDC existe, qu’elle se bat, et qu’elle mérite mieux que l’indifférence.

Du PAM au PNUD, en passant par ce dîner avec Donald Trump, la Première ministre a tissé des liens. Reste à savoir ce que ces liens produiront sur le terrain. Car à Kinshasa, à Goma, à Bunia, les attentes ne sont pas diplomatiques. Elles sont vitales.

Une chose est sûre : la RDC a parlé. Et à New York, cette année, le monde a bien été obligé de l’écouter.

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