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Ebola en RDC : Roger Samuel Kamba exige des comptes aux artenaires

L'heure des comptes a sonné. À Kinshasa, dans l'enceinte de l'immeuble du gouvernement, une déclaration a résonné comme un coup…

L’heure des comptes a sonné. À Kinshasa, dans l’enceinte de l’immeuble du gouvernement, une déclaration a résonné comme un coup de tonnerre. Le ministre de la Santé publique, Roger Samuel Kamba, a lancé un avertissement sans équivoque : les partenaires qui ne justifient pas les fonds reçus n’ont plus leur place en République Démocratique du Congo.

Ce vendredi, lors d’un point de presse tenu sous le thème « Ebola en RDC : où en sommes-nous ? », le ton est grave. Les chiffres donnent le vertige. Sur les 97 partenaires engagés dans la lutte contre la souche Bundibugyo, seuls environ 25 % ont, jusqu’à preuve du contraire, rendu des comptes sur les ressources financières mobilisées. Une proportion inversée qui traduit une réalité dérangeante : l’opacité serait devenue la norme, et la transparence l’exception.

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Une instruction venue du sommet de l’État

À l’origine de cette offensive, une instruction du président de la République, Félix Tshisekedi. Le chef de l’État a personnellement demandé à tous les partenaires de justifier l’argent mobilisé. Une consigne transmise à la Première ministre, qui l’a relayée au ministre de la Santé. Le message est clair : plus de zones d’ombre.

« Le président de la République lui-même a demandé à tous les partenaires de justifier l’argent mobilisé. Il a instruit la Première ministre, qui m’a ensuite instruit de répertorier tous les partenaires qui ne veulent pas justifier. S’ils ne veulent vraiment pas le faire, ils n’ont pas de raison de rester dans notre pays », a déclaré Roger Samuel Kamba, déterminé.

Des montants colossaux, un flou persistant

Les chiffres avancés par le ministre donnent la mesure du problème. Le premier plan de riposte, établi sur trois mois, fait état d’environ 227 millions de dollars mobilisés. Parmi ces fonds, près de 99 millions resteraient non utilisés par les partenaires. Une manne financière dont la traçabilité pose question.

En parallèle, le gouvernement assure avoir fait sa part. Les 50 millions de dollars mobilisés par l’État congolais ont été utilisés, selon le ministre, « de manière transparente », avec un rapport transmis à la Première ministre. Mais du côté des partenaires, le brouillard persiste. Et ce manque de visibilité pèse lourdement sur le système de santé et sur les discussions avec les institutions financières internationales.

Le FMI, spectateur d’un théâtre d’ombres

Car les conséquences dépassent les frontières de la riposte sanitaire. Roger Samuel Kamba l’a souligné avec franchise : l’opacité complique les négociations avec des partenaires comme le Fonds monétaire international (FMI). Comment justifier une demande d’appui budgétaire quand un milliard de dollars aurait déjà été mobilisé ?

« Quand on dit qu’on a mobilisé un milliard de dollars, des partenaires comme le FMI peuvent nous demander pourquoi ils devraient encore nous accorder des aides budgétaires, alors que nous avons déjà mobilisé autant de ressources. Mais lorsque nous demandons de justifier qui a reçu quoi, nous entrons dans une phase complètement floue », a-t-il expliqué, pointant du doigt un cercle vicieux.

L’accréditation, nouvelle clé d’accès au terrain

Face à cette situation, le gouvernement a décidé de frapper fort. Désormais, l’accès au terrain sera conditionné à l’obtention d’une accréditation. Et cette accréditation ne sera délivrée qu’à ceux qui rempliront un formulaire détaillant les montants reçus, leur provenance et les activités auxquelles ils sont destinés.

« Désormais, aucun partenaire n’ira sur le terrain sans accréditation. Cette accréditation est liée au fait qu’il remplisse un formulaire pour dire : j’ai reçu autant de la part de tel partenaire pour faire telle chose. Ceux qui sont déjà sur le terrain devront également remplir le même formulaire. S’ils ne le font pas, leur accréditation sera retirée et la DGM pourra intervenir », a averti le ministre.

Une épidémie qui recule, mais sous surveillance

Mais au-delà des questions financières, où en est réellement l’épidémie ? Roger Samuel Kamba a apporté des précisions encourageantes sur l’évolution de la maladie. La terminologie a changé, signe d’une situation en mutation.

« Aujourd’hui, nous ne parlons plus d’épidémies provinciales, nous parlons d’épidémies zonales, dans les zones de santé. Parce qu’on voit que, sur les 63 zones de santé, 12 n’ont plus déclaré de cas depuis 42 jours et 8 n’ont pas déclaré de cas depuis 22 à 42 jours. Dans les autres zones qui restent, il y en a une ou encore plusieurs. Effectivement, c’est très variable, mais on voit qu’en termes de nombre de zones de santé, cela a diminué », a indiqué le ministre.

Ces chiffres témoignent d’une tendance à la baisse. La riposte porte ses fruits. Mais la vigilance reste de mise. Car si l’épidémie recule, la bataille pour la transparence, elle, ne fait que commencer. Kinshasa a posé ses conditions. Aux partenaires de choisir : se soumettre à l’exigence de traçabilité, ou plier bagage.

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