Le discours de l’ancien Président Joseph Kabila, prononcé le vendredi 9 octobre 2026, continue de provoquer une onde de choc au sein de l’opinion nationale. Entre réquisitoire sur la gouvernance, la guerre dans l’Est, la gestion des minerais et la Constitution, l’ancien Chef de l’État a annoncé qu’il dévoilera bientôt sa vision pour « sauver » le pays.
Une sortie qui ne passe pas inaperçue du côté de la majorité présidentielle. Pour Kas Kasongo Kalalo, président national du Mouvement Congo en Avant (MCA), le message est sans équivoque et vise directement le Président actuel.
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« Le message central de Kabila est clair comme l’eau de roche, sauf pour ceux qui ont un esprit tordu. Il appelle à l’élimination physique du Président de la République Félix Tshisekedi », a déclaré Kas Kasongo Kalalo.
Ces propos ont été tenus le week-end dernier à Kinshasa, à l’occasion d’une activité d’adhésion massive au sein de son parti, formation politique rangée du côté de l’Union Sacrée.
Kas Kasongo appelle à la vigilance et au renforcement de la sécurité
Face à ce qu’il qualifie de menace grave, le président du MCA a lancé un appel direct à la population et aux services de sécurité.
En effet, Kas Kasongo Kalalo a demandé à « la population d’être plus vigilante et aux services de sécurité d’élever le niveau d’alerte sécuritaire ». Un appel à la fermeté qui intervient dans un contexte politique déjà très tendu.
S’adressant directement au Chef de l’État, il a ajouté : « Au Président Tshisekedi qu’il ne lâche rien, qu’il utilise toutes les ressources publiques nécessaires pour résister et mettre fin à cette aventure de mauvais goût ».
Cette déclaration montre comment le discours de Joseph Kabila est désormais interprété au premier degré par une partie de la majorité. Il est vu comme une menace sécuritaire, au-delà du simple débat politique.
Dette publique : la réponse chiffrée du MCA au réquisitoire de Kabila
Parmi les axes de son discours, Joseph Kabila avait fustigé la gestion des finances publiques sous Félix Tshisekedi, notamment l’explosion de la dette publique.
Pour sa part, Kas Kasongo Kalalo a tenu à apporter une réplique chiffrée pour nuancer ce tableau.
Selon son étude comparative, la gestion actuelle serait bien meilleure que sous le régime Kabila.
« Kabila a laissé une dette publique équivalente à 15% du PIB et non zéro dette, et Tshisekedi est actuellement à 18% du PIB, très loin de la moyenne subsaharienne de 60% », a-t-il expliqué.
Il poursuit : « Le service de la dette était à 5% des recettes propres et aujourd’hui il est à 7%, loin de 14% du seuil d’alerte ».
Ces chiffres, selon plusieurs analystes économiques, replacent le débat sur la dette congolaise dans un contexte régional. Avec 18% du PIB, la RDC reste en effet l’un des pays les moins endettés d’Afrique subsaharienne, loin du seuil d’alerte fixé par le Fonds Monétaire International (FMI)
Plusieurs adhésions au sein du MCA
Cette sortie politique a également été l’occasion pour le Mouvement Congo en Avant de renforcer ses rangs.
Plusieurs personnalités ont officiellement adhéré au parti, dont le Professeur Josué Abadi Madua de l’Université de Kinshasa, Ruth Foto, Coordonnatrice de la fondation « Debout Femme du Congo », venue avec plusieurs membres de sa structure, et l’Ingénieur Archippe Ntala Kabongo, accompagné d’une forte délégation de jeunes.
Un signal fort pour le MCA qui entend s’imposer comme une force montante de la majorité présidentielle en pleine bataille d’opinion post-discours de Kabila.



