L’arme arrive-t-elle trop tard ? Alors que l’épidémie d’Ebola due à la souche Bundibugyo s’emballe en République démocratique du Congo, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé ce jeudi 20 août un déploiement massif de vaccins. 70 000 doses du célèbre Ervebo – le vaccin qui avait permis d’éteindre les feux de l’épidémie de 2018-2020 en RDC – sont acheminées d’urgence.
Mais il y a un hic de taille : l’Ervebo n’est pas homologué contre la souche qui sévit actuellement. Le Bundibugyo, un cousin génétique du virus Zaïre, résiste encore aux certitudes scientifiques. L’opération est donc un pari à la fois humanitaire et scientifique, mené à une vitesse inédite.
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20 000 doses pour un essai clinique d’envergure
Les 70 000 flacons ne seront pas utilisés de la même manière. Sur ce lot colossal, 20 000 doses seront dédiées à un essai clinique de phase 3, une première mondiale. L’objectif : tester en conditions réelles si l’Ervebo, conçu contre le Zaïre, offre une protection croisée efficace contre le Bundibugyo.
« Les données en laboratoire et sur l’animal suggèrent une possible protection, mais nous n’avons aucune certitude chez l’humain », a confié une source proche du dossier à l’OMS. Ce test grandeur nature, mené en pleine épidémie, est une course contre la montre pour obtenir des preuves scientifiques tout en sauvant des vies.
50 000 doses pour les « anges gardiens » de la riposte
Les 50 000 doses restantes sont, elles, réservées à ceux qui sont en première ligne de ce front sanitaire : les travailleurs de santé et les personnels d’intervention. Ces héros du quotidien, qui bravent le virus dans des structures souvent démunies, seront vaccinés en priorité, conformément aux recommandations des groupes d’experts de l’OMS.
Une décision cruciale alors que l’épidémie continue de s’étendre comme une traînée de poudre. Selon les derniers chiffres arrêtés au 12 août, 4 665 cas confirmés et 2 184 décès ont déjà été enregistrés. Le virus a désormais gagné du terrain, touchant 54 zones de santé réparties dans six provinces : Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uélé, Tshopo et Bas-Uélé. La barre des 2 500 morts est désormais franchie, selon les dernières remontées de l’OMS.
La RDC, laboratoire grandeur nature contre un tueur invisible
Cette flambée est de loin la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC. Face à la vitesse de propagation, les autorités congolaises, débordées, peinent à endiguer le mal dans des régions où l’État est fragile et les infrastructures de santé exsangues.
Mais la recherche ne s’arrête pas. L’OMS a confirmé que deux autres vaccins spécifiques au Bundibugyo sont en phase d’essais cliniques :
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L’un développé par le géant américain Moderna, utilisant la technologie révolutionnaire de l’ARNm.
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L’autre par l’université d’Oxford, au Royaume-Uni.
Par ailleurs, un troisième candidat, nommé « rVSV Bundibugyo », est qualifié par l’OMS de « plus prometteur » et sera développé par Hilleman Laboratories.
En attendant des traitements ciblés, la RDC mise sur l’Ervebo pour freiner l’hécatombe. Ce déploiement massif, bien qu’incertain sur le plan scientifique, est un signal fort : face à l’urgence absolue, il faut parfois jouer le tout pour le tout. La communauté internationale retient son souffle, espérant que ces 70 000 doses écriront le premier chapitre de la victoire contre ce nouveau fléau.



