Ils ont tremblé, ils ont couru après le score, ils ont cru toucher le fond. Mais les Fennecs ont finalement prouvé qu’ils avaient le cœur solide. Menés au score pendant plus d’une heure par la surprenante Jordanie, les Algériens ont renversé la vapeur dans les vingt dernières minutes pour s’imposer 2-1 à Santa Clara, près de San Francisco. Une bouffée d’oxygène qui relance totalement leur Mondial.
Pourtant, tout avait mal commencé pour les coéquipiers de Riyad Mahrez. Après la correction infligée par l’Argentine en ouverture (3-0), l’Algérie abordait ce deuxième match avec le couteau entre les dents. Mais la Jordanie, pour sa toute première Coupe du monde, ne s’est pas laissé intimider. Sur un contre éclair, Nizar Al-Rashdan a trompé Luca Zidane d’une frappe entre les jambes de Rayan Aït-Nouri (36e). L’ogre algérien était à terre.
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Les occasions algériennes s’accumulaient pourtant. Mahrez, deux fois lancé en profondeur, s’est d’abord emmêlé (20e) avant de buter sur le gardien jordanien Yazeed Abulaila (33e). Mais quand l’efficacité fuit, la réussite finit par tourner.
Et c’est sur corner que le salut est venu. Nadhir Benbouali, d’un coup de tête rageur devant trois adversaires, a rétabli l’égalité (69e). Puis, sur un nouveau corner, Amine Gouiri a fait parler son instinct de renard des surfaces pour offrir la victoire aux siens (82e). Un but validé à la limite du hors-jeu, le bras et la main du Marseillais étant les seules parties du corps du mauvais côté de la ligne – ce qui ne compte pas dans la règle.
La victoire est immense. Elle offre surtout une perspective radieuse aux Fennecs : un dernier match décisif face à l’Autriche à Kansas City. Un match nul pourrait même suffire pour intégrer les huit meilleurs troisièmes. Douze ans après leur dernière participation à un Mondial, les Algériens tiennent enfin leur premier succès. Et ils ne comptent pas s’arrêter là.
Messi, record absolu : « Personne ne sait ce qui peut se passer maintenant »
Et dire qu’il avait débuté sa soirée par une anomalie. En manquant un penalty à la 9e minute face à l’Autriche, Lionel Messi est devenu le joueur cumulant le plus d’échecs dans l’exercice en Coupe du monde. Ironie du sort pour celui qui allait quelques minutes plus tard entrer dans la légende éternelle.
Car cette nuit, à Kansas City, Messi a définitivement effacé Miroslav Klose des tablettes. Avec un doublé (2-0), l’octuple Ballon d’Or a porté son total à 18 buts en Coupe du monde. Le premier – son 17e – est un pur chef-d’œuvre signé du gauche, une frappe en une touche à l’entrée de la surface qui a filé dans le petit filet. Le second, un but d’acharné en deux temps après avoir traîné dans la surface, lui a offert le record en solitaire.
Alors qu’il fêtera ses 39 ans dans deux jours, l’Argentin n’a jamais semblé aussi rayonnant. 5 buts en deux matches après son triplé inaugural contre l’Algérie. 12 buts depuis ses 35 ans. Une longévité hors du commun qui défie tous les pronostics.
Avec ce succès, l’Argentine est déjà assurée de la première place du groupe J et file en seizièmes de finale. La Jordanie sera le prochain adversaire sur sa route. Et si Messi continue sur ce rythme, son 19e but ressemble à une évidence, son 20e – vingt ans après le premier – à un destin tout tracé.
Mais lui-même le rappelle : « Personne ne sait ce qui peut se passer maintenant. » Une phrase qui résonne comme un avertissement pour le reste du monde.
Sénégal : le cauchemar continue, Koulibaly sur la sellette
Le Sénégal n’est plus champion d’Afrique que de nom. La nuit dernière, à l’heure où les Lions de la Téranga espéraient se relancer, ils ont sombré face à la Norvège (3-2). Une défaite qui les place au bord du précipice avant l’ultime journée.
Pourtant, les coéquipiers de Moussa Niakhaté avaient bien débuté. Mais les erreurs individuelles, et surtout celles de leur capitaine, ont tout fait basculer. Kalidou Koulibaly a vécu un véritable cauchemar : une boulette sur l’ouverture du score, deux autres sur les deuxième et troisième buts norvégiens. Une prestation jugée « impardonnable » par la presse sénégalaise, qui lui a attribué la note de 1/10.
Sur les réseaux sociaux, les supporters ne l’ont pas raté : « Six buts encaissés, il est fautif sur les 5. Merci Koulibaly », « Vous êtes sûrs qu’il est Sénégalais ? » Les critiques fusent, parfois violentes. Son coéquipier Ismail Jakobs a tenté de le défendre : « Tout le monde fait des erreurs. À la fin, c’est l’équipe qui perd, pas une seule personne. »
Mais le sélectionneur Pape Thiaw est également dans le viseur. Critiqué pour avoir reconduit le même onze battu par la France, il a laissé son capitaine sur le terrain malgré un premier acte catastrophique. « Son management est difficile à comprendre », analyse WiwiSport. « Le Sénégal a traversé plusieurs moments dans le match comme s’il avait un résultat à préserver, pas une victoire à arracher. »
Ajoutez à cela un sélectionneur sans contrat et des primes de qualification impayées, et le climat dans la tanière semble électrique. Le Sénégal, qui n’avait jamais perdu deux matches de suite en phase de poules en quatre participations, vit un moment d’incertitude absolue. Un dernier match pour sauver l’honneur. Ou pour sombrer définitivement.
France : Mbappé et les Bleus déjà qualifiés, la tempête épargne Philadelphie
La pluie, l’orage, une interruption de plus d’une heure et demie… Rien n’a arrêté la machine française. À Philadelphie, les Bleus ont validé leur ticket pour les seizièmes de finale en dominant l’Irak (3-0). Une qualification expéditive, signée d’un doublé de Kylian Mbappé et d’un bijou d’Ousmane Dembélé.
Mbappé, pour sa 100ᵉ sélection, n’a pas traîné. Dès la 14e minute, un missile du gauche dans le petit filet opposé ouvrait le score. Son 15e but en Coupe du monde, qui le rapproche à trois longueurs du record de Messi. Puis, servi par Dembélé, il a inscrit son 16e en puissance dans le but vide (54e).
L’ancien Parisien, désormais meilleur buteur de l’histoire des Bleus (58 réalisations), a encore fait trembler les défenses. Mais c’est Dembélé qui a mis le coup de grâce d’une frappe croisée du droit (66e). Entre-temps, un magnifique lob de Michael Olise avait flirté avec la transversale (58e). Le score aurait pu être plus lourd.
Côté météo, les spectateurs ont été évacués à la mi-temps en raison d’un risque d’orage. Une grosse averse à la 35e minute avait déjà poussé les supporters des gradins découverts à se mettre à l’abri. Plus d’une heure trente plus tard, les joueurs sont revenus sur la pelouse pour terminer le travail. Et quelle manière.
Avec cette victoire, la France aborde son dernier match face à la Norvège avec un avantage psychologique et une différence de buts déjà bien garnie. Les Bleus sont en 16es. La suite s’annonce tout aussi palpitante.



