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RDC – FARDC : Luvungi libérée, l’armée congolaise entre en héros sous les acclamations

Un souffle de liberté a traversé la plaine de la Ruzizi, ce mardi 12 mai 2026. Après des mois d’occupation…

Un souffle de liberté a traversé la plaine de la Ruzizi, ce mardi 12 mai 2026. Après des mois d’occupation sous la coupe des rebelles du M23 et des troupes rwandaises, l’agglomération de Luvungi, dans le territoire d’Uvira au Sud-Kivu, a enfin vu arriver ses libérateurs : les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Et l’accueil fut à la hauteur de l’attente.

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Une entrée triomphale sous les vivats

En début d’après-midi, les premiers soldats congolais ont pénétré dans la localité. Selon le porte-parole des opérations Sukola 2 Sud-Sud-Kivu, le sous-lieutenant Reagan Mbuyi Kalonji, des centaines d’habitants sont sortis de leurs maisons pour acclamer les militaires.

« C’était une ambiance de liesse populaire, des chants de joie et des cris de soutien aux FARDC », a-t-il décrit, visiblement marqué par l’émotion des retrouvailles entre une population éprouvée et son armée.

Car ici, on n’oublie pas. Pendant des mois, Luvungi a vécu sous la pression des troupes rwandaises et de leurs alliés locaux : M23, Twirwaneho, Red Tabara-FNL. Un calvaire quotidien que les habitants espèrent désormais voir s’éloigner définitivement.

La paix de retour, mais des menaces persistent

Si Luvungi est libérée, l’armée congolaise reste prudente. À Katogota, localité voisine, des éléments du M23 sont encore présents. Plus inquiétant encore, des combattants ont été aperçus à Kamanyola, cité frontalière stratégique du Sud-Kivu.

Les forces rwandaises (RDF), quant à elles, ne semblent pas avoir totalement lâché prise. Selon le sous-lieutenant Reagan Mbuyi Kalonji, elles ont même installé des armes lourdes sur les collines de Bugarama, côté rwandais. Une posture qui leur permet de garder un contrôle militaire sur Kamanyola et ses environs.

Autrement dit : la guerre n’est pas finie, mais le rapport de force a changé.

Un recul stratégique ou une avancée diplomatique ?

Depuis samedi, les FARDC réinvestissent progressivement les positions abandonnées par l’AFC/M23. Après Sange, Nyakabere, Mutarule et Luberizi, c’est donc au tour de Luvungi de retrouver la souveraineté congolaise.

Pour l’armée, cette dynamique est le fruit d’une double pression : militaire sur le terraindiplomatique dans les coulisses. Le gouvernement congolais aurait mené des efforts soutenus pour obtenir ce retrait.

Mais du côté du M23, on ne parle ni de défaite, ni de recul. Le mouvement rebelle préfère évoquer un « repositionnement tactique » et un « signe de bonne foi » dans le cadre du processus de paix. Une lecture des événements qui laisse planer un doute sur la suite.

Et maintenant, pour la population ?

À Luvungi, la priorité est ailleurs. Après des mois d’occupation, les habitants rêvent d’un retour progressif de la sécurité et d’une reprise des activités socio-économiques. Les chants d’hier après-midi en témoignent : l’espoir renaît, fragile mais vivace.

Reste à savoir si cette embellie tiendra ses promesses. Car tant que Kamanyola restera sous influence rwandaise, et que les armes lourdes pointeront depuis les collines de Bugarama, la plaine de la Ruzizi retiendra son souffle.

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