LUANDA/KINSHASA – Dans un dernier effort diplomatique avant le sommet de l’Union africaine, le président congolais Félix Tshisekedi s’est rendu ce lundi 9 février à Luanda, sur invitation de son homologue angolais João Lourenço, qui assure également la présidence en exercice de l’UA. Cette visite de travail, annoncée par la porte-parole Tina Salama, a pour cœur un entretien en tête-à-tête centré sur la recherche de solutions à la crise sécuritaire qui frappe l’Est de la RDC.
Les deux dirigeants doivent passer en revue les initiatives régionales et internationales de médiation en cours, avec un objectif clair : « ramener la paix et la stabilité » et mieux coordonner les efforts diplomatiques dispersés. Cette rencontre s’inscrit dans un timing particulièrement serré, à quelques jours seulement de l’ouverture du 39e Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UA, prévu les 14 et 15 février à Addis-Abeba.
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Une triangulation diplomatique de haut niveau
La visite de Tshisekedi à Luanda n’est pas isolée. Elle coïncide avec la présence dans la capitale angolaise du médiateur principal de l’UA pour la région des Grands Lacs, Faure Essozimna Gnassingbé. Le président togolais, qui achève une tournée régionale l’ayant conduit au Rwanda, au Burundi et en Ouganda, vient consulter le président Lourenço pour aligner les stratégies continentales.
Cette convergence à Luanda forme une triangulation diplomatique cruciale : le pays directement concerné (RDC), la présidence en exercice de l’UA (Angola) et le médiateur mandaté (Togo) unissent leurs voix dans un ultime round de consultations. L’enjeu est de parvenir à une position africaine commune et ferme à présenter lors du sommet.
La course contre la montre avant Addis-Abeba
Ce ballet diplomatique intensif fait suite à plusieurs mois de préparations. Après une réunion fondatrice à Lomé le 17 janvier, qui a défini une nouvelle architecture de médiation placée sous l’autorité de Gnassingbé, le médiateur a multiplié les shuttles entre les capitales de la région.
Avant de rencontrer les présidents Kagame, Ndayishimiye et Museveni, il s’était entretenu avec Tshisekedi à Kinshasa. Les discussions avaient alors porté sur la coordination des efforts de médiation régionaux et continentaux, et sur la nécessité d’harmoniser les initiatives parallèles, comme celles menées par les États-Unis (accords de Washington) et le Qatar (pourparlers de Doha).
Un test pour la crédibilité de la médiation africaine
Les rencontres de Luanda représentent donc le dernier coup d’accélérateur avant le rendez-vous d’Addis-Abeba. Pour l’Union africaine, le défi est de taille : prouver qu’elle peut porter une solution endogène, cohérente et crédible face à une crise qui mine la stabilité de toute la région des Grands Lacs.
La présence conjointe de Tshisekedi et de Gnassingbé aux côtés de Lourenço symbolise la volonté de placer ce dossier au sommet de l’agenda continental. Les conclusions de ces échanges détermineront le ton et les attentes du sommet, où la communauté internationale attendra des actes concrets pour mettre fin à un conflit dont le coût humain ne cesse de croître.



