À la veille du choc contre la République démocratique du Congo, Thomas Tuchel affichait un visage détendu, mais déterminé. Le sélectionneur anglais sait que son équipe, quatrième mondiale, part favorite face aux Léopards (41es). Cependant, il connaît aussi les pièges des matchs à élimination directe.
« C’est le moment de s’accrocher, le moment d’être patient », a-t-il martelé mardi en conférence de presse à Atlanta. Il faisait notamment référence à la solidité défensive congolaise. Celle-ci a tenu tête au Portugal (1-1) et a longtemps résisté à la Colombie (défaite 1-0).
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« La RDC a la capacité de rendre la vie difficile à tout le monde », a reconnu l’Allemand. Il s’attend donc à une rencontre similaire à celles disputées contre le Ghana (0-0) ou le Panama (2-0). Selon lui, les Léopards formeront un bloc bas, discipliné et difficile à déséquilibrer.
Malgré cela, Tuchel reste confiant. « Nous avons la qualité, la confiance, la conviction et un grand nombre de joueurs offensifs », a-t-il assuré. Il a toutefois rappelé une réalité : « Dans cette Coupe du monde, les équipes sont très bien préparées. Elles défendent au plus haut niveau. Il est difficile pour n’importe quelle sélection de faire sauter les verrous. »
Les fantômes de l’Euro 2016 hantent toujours l’Angleterre
Les Three Lions ne veulent surtout pas revivre l’humiliation de l’Euro 2016. Cette année-là, l’Islande les avait éliminés en huitièmes de finale (2-1). Harry Kane, Marcus Rashford, John Stones et Jordan Henderson gardent encore ce souvenir.
« Vous ne trouverez pas de grands athlètes qui n’auraient pas subi de grandes défaites », a rappelé Tuchel.
L’entraîneur allemand a ensuite raconté une expérience personnelle. Lors de sa première finale de Coupe d’Allemagne avec Dortmund contre le Bayern, il avait oublié de préparer la séance des tirs au but.
« Nous avons perdu. C’était une expérience très douloureuse et une grosse cicatrice. Je me suis dit que cela n’arriverait plus jamais. »
À travers cette anecdote, Tuchel adresse un message clair à ses joueurs. Même face à un outsider, ils ne doivent rien laisser au hasard.
Blessures et choix forts : Tuchel garde le cap
Par ailleurs, le sélectionneur doit composer avec les blessures de Reece James et de Jarell Quansah. Les deux joueurs restent forfaits, même s’ils se rapprochent d’un retour.
Interrogé sur ses choix, Tuchel est resté serein. Il a notamment laissé de côté Phil Foden, Cole Palmer et Trent Alexander-Arnold.
« Je les vois depuis des semaines. Je les ai choisis. Il y a des blessures. Cela ne sert à rien de rester trop longtemps déçu. Il faut trouver des solutions. »
Il a ensuite insisté sur la force du collectif.
« Nous adorerions avoir Reece et Jarell avec nous. Cependant, ils sont blessés. Les autres joueurs vont se mettre au niveau. Ensemble, nous allons faire basculer ce match, quoi qu’il arrive. »
Ce message sonne comme un avertissement pour les Léopards. Même privé de plusieurs cadres, le collectif anglais reste redoutable.
Une pression que l’Angleterre assume
Jordan Pickford, gardien titulaire, refuse de parler de pression excessive.
« Je pense que l’équipe la gère bien. Nous avons beaucoup d’expérience. Nous avons joué au plus haut niveau. J’apprécie cette pression. »
Il reconnaît néanmoins que les attentes sont immenses.
« Nous attendons de nous-mêmes d’aller plus loin que les seizièmes de finale. »
Pourtant, ce discours contraste avec celui de Sébastien Desabre. Le sélectionneur congolais estime que la pression repose avant tout sur les épaules anglaises.
« La pression est sur le côté anglais. Ils ont un long chemin à parcourir pour atteindre leur objectif. »
Tuchel ne se laisse toutefois pas déstabiliser.
« J’apprécie cette pression », a-t-il répété. Enfin, il a conclu avec une formule qui résume son état d’esprit : « Si vous voulez gagner un grand trophée, il n’y a aucun chemin facile. »
Mercredi soir, à 18 heures (heure belge), le Mercedes-Benz Stadium retiendra son souffle. D’un côté, l’Angleterre court après un titre mondial depuis 1966. De l’autre, la RDC joue sans complexe. Le football, fidèle à son imprévisibilité, tranchera entre les Lions et les Léopards.



