KINSHASA – La justice congolaise avance dans une affaire financière sensible. Le gouverneur du Kongo Central, Grâce Nkuanga Bilolo, s’est présenté lundi 9 février au parquet général près la Cour de cassation. Les magistrats l’ont entendu dans une enquête sur un présumé détournement de deniers publics. Les montants évoqués varient entre un et cinquante millions de dollars.
À la sortie de l’audition, son avocat Me Espoir Saisi a voulu calmer les esprits. Il décrit un climat « apaisé ». Il affirme aussi que les rumeurs de détournement « ont été balayées ». Selon lui, son client est rentré chez lui en « citoyen libre ».
Cependant, les autorités judiciaires n’ont pris aucune décision finale. L’enquête continue.
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Une affaire née à l’été 2025
L’affaire débute le 15 août 2025. Ce jour-là, l’Inspection générale des finances (IGF) lance une mission de contrôle. Elle agit sur instruction de la Présidence de la République. Les inspecteurs examinent la gestion de la redevance pétrolière et des recettes des péages du Kongo Central.
Les enquêteurs signalent alors plusieurs irrégularités. Ils évoquent un détournement de plus d’un million de dollars.
Toutefois, certaines voix locales contestent ce chiffre. Joseph Mabanga, président de la cohésion des notables du Kongo Central, parle plutôt d’un montant proche de 50 millions de dollars.
Une procédure validée par l’Assemblée provinciale
La procédure judiciaire franchit ensuite une étape politique. Le 28 janvier, le Bureau de l’Assemblée provinciale du Kongo Central autorise l’ouverture d’une instruction contre le gouverneur.
Cette décision suit un réquisitoire du Procureur général près la Cour de cassation, daté du 23 janvier. Le magistrat y demandait l’autorisation de poursuites.
Un dossier suivi de près
Cette audition intervient dans un contexte de lutte affichée contre la corruption. Beaucoup y voient un test pour l’indépendance et la rapidité de la justice face à un haut responsable politique.
D’un côté, la défense parle d’apaisement. De l’autre, la justice poursuit ses vérifications.
Désormais, les magistrats devront comparer les conclusions de l’IGF, les estimations de la société civile et les arguments de la défense. L’enjeu reste majeur pour cette province stratégique du Kongo Central.



