Pendant des années, entre la République Démocratique du Congo et l’Angola, on s’observait. On se parlait, parfois. Mais on ne construisait pas ensemble. Pourtant, il y a eu l’Est qui brûle, les armes qui circulent, les menaces qui ignorent les lignes tracées sur les cartes. Alors, les deux capitales ont compris que la sécurité de l’une ne pouvait plus être indifférente à l’insécurité de l’autre.
Ce jeudi 12 février 2026, dans un palais de Luanda, cette prise de conscience est devenue un acte.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Une signature qui change la donne
Autour d’une table, deux hommes. Le Congolais Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, Vice-Premier Ministre chargé de l’Intérieur. L’Angolais Manuel Gomes, son homologue. Devant eux, un document préparé pendant deux jours par les experts des deux pays. Un texte technique, administratif, mais dont chaque mot pèse son poids de poudre et d’espoir.
Ils ont signé.
D’un trait de plume, la Commission Permanente Mixte Défense et Sécurité est née. Derrière ce nom un peu long se cache une promesse simple : celle de ne plus jamais laisser la frontière commune devenir un territoire sans loi.
La frontière au cœur des préoccupations
Car la frontière, justement, a été au cœur des discussions. Ainsi, les deux délégations ont passé au crible ce ruban de terre qui sépare et relie leurs nations. Elles ont parlé de ce qui s’y passe la nuit, de ces trafics qui ignorent les postes de contrôle, de ces menaces qui glissent d’un pays à l’autre comme l’eau entre les doigts.
Le constat ? Il faut plus que des patrouilles. Il faut des informations qui circulent, des commandements qui se parlent, des officiers qui se connaissent. Concrètement, la commission mixte devra organiser tout cela : des échanges permanents de renseignements, des rencontres régulières entre militaires et policiers des deux bords.
L’ombre persistante de l’Est congolais
Mais il y avait aussi, dans la salle, une autre présence. Invisible, mais obsédante. Celle de l’Est congolais, cette plaie qui ne cicatrise pas. Dans ce contexte, les ministres ont pris une position claire, presque solennelle : ils ont condamné, sans ambiguïté, le recours à la force pour accéder au pouvoir.
Une phrase qui, aujourd’hui, résonne comme un avertissement. Comme un rappel que les armes ne doivent jamais dicter la loi, ni à Kinshasa, ni à Luanda, ni nulle part ailleurs.
Une volonté politique au sommet
Au moment de se séparer, les regards se sont tournés vers les deux présidents. Félix Tshisekedi et João Lourenço. Sans eux, rien n’aurait été possible. Leur volonté politique commune a transformé une intention en accord, une coopération en partenariat stratégique.
Désormais, la commission mixte existe. Reste à la faire vivre. Reste à transformer les signatures en patrouilles, les déclarations en arrestations, les bonnes intentions en nuits plus calmes le long de la frontière.
Enfin, ce jeudi 12 février, à Luanda, deux pays ont posé une pierre. Ensemble, ils devront maintenant construire le mur qui protégera leurs peuples.



