Kampala, 28 juillet 2026. De l’autre côté de la frontière, le soulagement est enfin là. Après des semaines d’angoisse, l’Ouganda a officiellement déclaré, ce mardi, la fin de son épidémie d’Ebola Bundibugyo. Quarante-deux jours sans nouveau cas ont suffi aux autorités sanitaires pour tourner cette page douloureuse.
Mais à quelques kilomètres de là, le scénario est tout autre.
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En République démocratique du Congo, le virus continue de gagner du terrain. Alors que Kampala célèbre la fin de l’épidémie, Kinshasa fait face à une flambée qui a déjà fait 3 262 cas et 1 437 décès en un peu plus de deux mois.
Deux pays voisins. Une même souche du virus. Mais deux réalités radicalement différentes.
Et derrière le soulagement ougandais, une inquiétude demeure : combien de temps encore la RDC devra-t-elle attendre avant de pouvoir, elle aussi, pousser un véritable soupir de soulagement ?
En Ouganda, 42 jours sans nouveau cas mettent fin à l’épidémie
L’annonce est tombée ce mardi comme une éclaircie après plusieurs semaines de tension.
Le ministre ougandais de la Santé, Chris Baryomusi, a officiellement déclaré la fin de l’épidémie d’Ebola dans son pays.
« Le ministère de la Santé est ravi d’annoncer que l’Ouganda a officiellement déclaré la fin de l’épidémie 2026 de maladie à virus Ebola. Aujourd’hui, l’Ouganda est exempt d’Ebola », a-t-il déclaré, cité par l’agence Chine nouvelle.
Cette déclaration intervient après une période de surveillance de 42 jours sans nouveau cas, à compter de la sortie du dernier patient, le 16 juin dernier.
Au total, l’Ouganda a enregistré 20 cas confirmés au cours de cette flambée. Parmi les personnes infectées, 18 ont guéri, tandis que deux sont décédées.
Le dernier patient atteint d’Ebola, un ressortissant congolais, avait quitté l’hôpital le 22 juin.
Les autorités ougandaises affirment également avoir identifié toutes les chaînes de transmission et suivi les contacts jusqu’au terme de leur période d’observation. Aucune transmission communautaire inexpliquée n’a été détectée.
Les analyses génomiques ont par ailleurs confirmé que le virus appartenait à la souche Bundibugyo.
Pour l’Ouganda, cette maîtrise de la flambée est aussi le résultat d’une expérience accumulée au fil des années. Le pays a déjà affronté plusieurs épidémies d’Ebola depuis 2000 et affirme avoir développé une expertise lui permettant de réagir rapidement face au virus.
Mais cette victoire sanitaire reste fragile.
Kampala ferme le chapitre, mais garde les yeux rivés sur la RDC
Car si l’Ouganda peut officiellement déclarer la fin de son épidémie, ses autorités ne baissent pas pour autant la garde.
La raison est simple : juste de l’autre côté de la frontière, la situation reste extrêmement préoccupante.
L’épidémie qui sévit en RDC est désormais considérée comme la plus grave jamais enregistrée dans le pays en termes de vitesse de propagation. En un peu plus de deux mois, 3 262 cas ont été recensés et 1 437 personnes ont perdu la vie.
La comparaison avec la précédente grande flambée est particulièrement saisissante.
Entre 2018 et 2020, la RDC avait enregistré 3 470 cas et 2 287 décès sur près de trois années.
Aujourd’hui, l’épidémie actuelle approche déjà le nombre de cas enregistré lors de cette précédente crise, mais en un temps nettement plus court.
Face à cette situation, Kampala maintient donc une surveillance renforcée dans les zones frontalières. Des équipes d’intervention rapide restent mobilisées et des dispositifs de dépistage continuent de fonctionner.
Les deux pays ont également renforcé leur coopération sanitaire.
Un protocole d’accord prévoit notamment une réponse transfrontalière conjointe. L’Ouganda indique avoir installé deux laboratoires mobiles ainsi que deux unités de traitement Ebola de 80 lits à Aru et Kasenyi, dans le nord-est de la RDC.
L’objectif est de contribuer à contenir le virus là où il frappe le plus durement.
Car l’expérience ougandaise rappelle une réalité implacable : une épidémie peut être déclarée terminée dans un pays, tout en continuant de menacer ses voisins.
La RDC face à une course contre la montre
La fin de l’épidémie en Ouganda constitue donc une bonne nouvelle, mais elle ne signifie pas que la région est sortie d’affaire.
Bien au contraire.
Tant que le virus continuera de circuler activement en RDC, le risque de nouveaux cas transfrontaliers restera présent.
Pour les autorités congolaises et leurs partenaires sanitaires, la bataille se poursuit sur plusieurs fronts : surveillance épidémiologique, recherche des contacts, prise en charge des malades, renforcement des capacités des structures sanitaires et développement de nouveaux outils médicaux contre la souche Bundibugyo.
Pendant ce temps, le bilan continue de s’alourdir.
L’Ouganda peut désormais regarder derrière lui et célébrer une victoire sanitaire durement acquise. La RDC, elle, reste plongée dans une crise qui semble encore loin de son épilogue.
Et alors qu’un pays voisin retrouve progressivement une vie normale, une question finit par s’imposer, aussi simple que vertigineuse :
Après avoir vu l’Ouganda vaincre cette nouvelle flambée, après 3 262 cas et 1 437 vies déjà perdues, quand viendra enfin le jour où la République démocratique du Congo pourra, elle aussi, tourner la page d’Ebola et souffler à nouveau ?



