La Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) veut renforcer son dispositif régional face aux épidémies. L’organisation estime à 45 millions de dollars les ressources nécessaires pour améliorer la préparation et la réponse aux flambées d’Ebola et d’autres fièvres hémorragiques virales.
L’annonce intervient alors que l’EAC intensifie la formation des professionnels de santé et développe ses capacités de diagnostic. L’objectif est de réduire les délais de détection et de riposte, mais aussi de limiter les perturbations que les crises sanitaires peuvent provoquer sur les populations, les échanges et les activités transfrontalières.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
L’Allemagne débloque 4,8 millions d’euros supplémentaires
Dans le cadre de cette mobilisation, l’Allemagne a annoncé 4,8 millions d’euros supplémentaires pour soutenir les efforts de préparation et de riposte de l’EAC face à Ebola. Cette enveloppe doit financer plusieurs actions, dont la formation des agents de santé, l’achat d’équipements de protection et le renforcement de la préparation réglementaire aux vaccins et autres contre-mesures médicales.
L’EAC prévoit notamment de former 500 agents de santé de première ligne et de renforcer les actions de sensibilisation communautaire dans l’Est de la RDC. Le financement allemand doit également contribuer à améliorer l’accès aux équipements de protection individuelle et à accélérer les mécanismes permettant l’utilisation de futurs vaccins contre Ebola, sous réserve des autorisations sanitaires requises.
Cette contribution s’ajoute à un partenariat plus large entre l’EAC et l’Allemagne. Depuis plusieurs années, Berlin accompagne la région dans la surveillance des maladies, le développement des laboratoires et la formation des personnels de santé.
L’EAC veut passer de 10 à 34 laboratoires mobiles
Au-delà du financement, l’organisation mise sur les infrastructures de diagnostic. Dix laboratoires mobiles sont actuellement opérationnels dans sept États partenaires de l’EAC.
Ces unités sont notamment déployées à Beni, en RDC, ainsi qu’à Busia, Nimule-Elegu, Kobero et Bwera. Elles ont déjà été mobilisées dans plusieurs réponses sanitaires, notamment contre Ebola, Marburg, la Covid-19 et la Mpox.
L’ambition est désormais de porter ce réseau à 34 laboratoires mobiles d’ici fin 2027.
Pour l’EAC, l’enjeu est stratégique. Rapprocher les capacités de diagnostic des zones à risque et des principaux points d’entrée doit permettre de détecter plus rapidement les cas suspects. La démarche vise aussi à renforcer la surveillance sanitaire aux frontières.
Cette dimension transfrontalière est particulièrement importante pour une région où les déplacements de personnes et de marchandises relient étroitement les économies nationales.
120 professionnels formés pour créer un réseau régional
Le volet humain constitue l’autre pilier de cette stratégie. 120 médecins, infirmiers et autres professionnels de santé issus des huit États partenaires suivent actuellement une formation spécialisée à Nairobi.
Cette initiative est menée dans le cadre du programme Training in the East African Community for High-Consequence Infectious Diseases (tEACh), porté par l’EAC avec l’appui de la coopération allemande à travers la GIZ.
L’objectif ne se limite pas aux 120 participants. Ceux-ci doivent également pouvoir transmettre leurs compétences à d’autres professionnels dans leurs pays respectifs.
L’EAC cherche ainsi à constituer un vivier régional capable d’intervenir rapidement lors d’une flambée. L’organisation dispose déjà d’un réseau régional d’experts mobilisables en situation d’urgence.
La préparation sanitaire devient un enjeu économique
Derrière ces investissements se joue également la résilience économique de l’Afrique de l’Est.
Une épidémie peut ralentir les déplacements, perturber les échanges commerciaux et compliquer le fonctionnement des chaînes d’approvisionnement. Dans ce contexte, renforcer les capacités de diagnostic et de réponse constitue aussi un moyen de réduire les risques de perturbation des économies régionales.
L’EAC veut donc agir en amont. Avec un besoin estimé à 45 millions de dollars, l’organisation appelle ses partenaires au développement et les autres parties prenantes à accroître leur soutien.
La contribution allemande de 4,8 millions d’euros constitue une nouvelle tranche de financement. Elle ne couvre toutefois qu’une partie des besoins identifiés par l’organisation.
Pour l’EAC, l’objectif est désormais de transformer ces appuis ponctuels en capacités durables : davantage de professionnels formés, un réseau élargi de laboratoires et une meilleure coordination entre les États. La préparation aux épidémies devient ainsi un investissement dans la sécurité sanitaire, la continuité des échanges et la résilience économique régionale.



