PolitiqueJudiciaire, Politique




RDC-Rwanda : Kinshasa porte plainte contre Kigali devant la CIJ pour « violations graves du droit international »

Une nouvelle bataille s'ouvre entre Kinshasa et Kigali. Cette fois, elle ne se joue ni sur le terrain diplomatique ni…

Une nouvelle bataille s’ouvre entre Kinshasa et Kigali. Cette fois, elle ne se joue ni sur le terrain diplomatique ni dans les zones de conflit de l’est de la République démocratique du Congo, mais devant la plus haute juridiction des Nations unies.

Ce vendredi 26 juin 2026, le gouvernement congolais a officiellement saisi la Cour internationale de Justice (CIJ), franchissant une étape majeure dans son bras de fer judiciaire avec le Rwanda. Par cette requête, la RDC entend faire reconnaître la responsabilité internationale de Kigali pour les graves violations du droit international qu’elle affirme avoir subies depuis plus de trois décennies dans l’est du pays.

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ



Pour Kinshasa, cette procédure marque une nouvelle offensive juridique visant à faire triompher le droit là où les armes continuent de parler.

Kinshasa accuse Kigali de violations graves du droit international

Dans sa requête déposée devant la Cour internationale de Justice, la RDC s’appuie sur plusieurs conventions internationales majeures pour étayer ses accusations.

Le gouvernement congolais invoque notamment la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948, la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ainsi que la Convention contre la torture.

Selon Kinshasa, ces instruments auraient été violés à travers des actes commis dans l’est de la RDC depuis plus de trente ans.

Les autorités congolaises imputent au Rwanda une implication dans des massacres de civils, des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture, des violences sexuelles, des déplacements forcés de populations ainsi que le soutien présumé apporté à plusieurs mouvements armés successifs, notamment l’AFDL, le RCD, le CNDP et plus récemment l’AFC/M23.

Une demande de réparation et de garanties devant la CIJ

À travers cette action judiciaire, la RDC ne sollicite pas uniquement une reconnaissance des violations alléguées.

Kinshasa demande également à la Cour d’ordonner la cessation des actes qu’elle considère comme illicites, d’imposer des garanties de non-répétition et d’accorder une réparation intégrale aux victimes des exactions dénoncées.

Le gouvernement congolais affirme ainsi vouloir privilégier les mécanismes du droit international afin que les responsabilités soient établies dans un cadre judiciaire reconnu par la communauté internationale.

À travers cette démarche, les autorités réaffirment leur volonté de « faire prévaloir le droit sur la force », dans un conflit qui empoisonne les relations entre les deux pays depuis plusieurs décennies.

Une plainte dans un contexte de tensions persistantes

Cette saisine intervient alors que l’est de la RDC demeure marqué par une instabilité chronique alimentée par la présence de nombreux groupes armés.

Depuis la résurgence du M23 en 2021, les violences se sont intensifiées jusqu’à la prise de Goma en janvier 2025, puis de Bukavu en février de la même année, aggravant une crise humanitaire déjà préoccupante.

Malgré la signature de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda à Washington en juin 2025, suivie d’une déclaration de principes conclue avec l’AFC/M23 à Doha en juillet 2025 en faveur d’un cessez-le-feu permanent, les affrontements et les tensions sécuritaires persistent dans plusieurs territoires de l’est congolais.

En portant aujourd’hui le différend devant la Cour internationale de Justice, Kinshasa ouvre un nouveau front, cette fois judiciaire, avec l’espoir d’obtenir une décision susceptible de renforcer sa position sur la scène internationale et d’apporter une reconnaissance aux victimes des violences qui endeuillent l’est du pays depuis plus de trente ans.

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP