Société




RDC : Claudel André Lubaya dénonce 7 mois de détention sans charge pour Aubin Minaku et Ramazani Shadary

Claudel André Lubaya a publié, ce jeudi 25 juin 2026, un communiqué sur l’affaire Aubin Minaku, Emmanuel Ramazani Shadary et…

Claudel André Lubaya a publié, ce jeudi 25 juin 2026, un communiqué sur l’affaire Aubin Minaku, Emmanuel Ramazani Shadary et leurs co-détenus. Plus de 7 mois après leur « enlèvement en pleine nuit », il dénonce d’après lui que les intéressés restent détenus dans un silence politique et judiciaire total. Aucune charge officielle n’a été notifiée, dit-il, aucun procès ouvert et aucune présentation devant un juge naturel n’a eu lieu.

Bien plus, le député honoraire a déploré le fait que depuis le 25 novembre 2025, « la procédure se déroule au secret, sans information publique sur les griefs retenus ».

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Dans son texte, Claudel André Lubaya a noté que le Gouvernement a tenté de communiquer par la voix du ministre de la Justice. Il a toutefois souligné que les déclarations publiques n’ont dissipé aucune interrogation essentielle.

En effet, il a listé les questions restées sans réponse : quelles infractions sont reprochées, quelles diligences d’enquête ont été accomplies, sur quels motifs légaux repose la détention ?.

« Le flou entretenu fragilise la crédibilité de l’appareil judiciaire. Nul ne sait officiellement ce qui leur est reproché », a-t-il déclaré.

Dans la foulée, l’auteur du communiqué a rappelé que les articles 17, 18 et 19 de la Constitution garantissent l’information immédiate des droits, la présentation au juge et l’accès aux garanties de la défense. Il a constaté qu’aucune de ces dispositions n’a été appliquée à ce jour.

« Les détenus sont soumis à des déplacements successifs entre lieux non communiqués, sans information des familles ni des avocats », s’est-il indigné. C’est dans ce contexte qu’il a qualifié la situation de « régime opaque ». L’Etat, a-t-il poursuivi, « en procédant à des enlèvements nocturnes et à des détentions hors contrôle du juge, substitue l’arbitraire à la légalité ».

Le Gouvernement et les partenaires internationaux interpellés

L’opposant Congolais a affirmé que cette situation interpelle le Gouvernement congolais, mais aussi les organisations de défense des droits de l’homme et les partenaires internationaux de la RDC. Pour lui, le silence face à de telles dérives est difficilement compréhensible.

« Une démocratie ne peut tolérer que des citoyens soient relégués aux angles morts de la justice. Quelle que soit la gravité des faits reprochés, rien ne peut justifier la suspension des garanties fondamentales », a souligné le président du parti Union Démocratique Africaine Originelle (UDA Originelle), avant de condamner avec fermeté toute détention arbitraire érigée en sanction ou en instrument de pression politique.

« L’arbitraire ne fonde jamais l’autorité de l’Etat, il en révèle au contraire la faillite. Protéger ne consiste pas à détenir sans procès, mais à mesurer la sanction à la manière dont on traite ceux que l’on poursuit », a-t-il conclu.

Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary sont tous deux cadres du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), parti politique de l’ancien Chef de l’État Congolais, Joseph Kabila. Les activités de cette formation politique sont à ce jour suspendues par le ministère de l’Intérieur.

Pendant ce temps, la justice congolaise a reconnu le prédécesseur du Président Félix Tshisekedi de « trahison », « crimes de guerre », « participation à un mouvement insurrectionnel » et « crimes contre l’humanité » en RDC.

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