Le Ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté, via le Projet d’Apprentissage et d’Autonomisation des Filles, a lancé depuis le 8 mai 2026 la phase de généralisation du paiement des bourses scolaires. Désormais, les élèves filles des écoles publiques mixtes du Kasaï 1 et Kasaï 2 reçoivent 50% des frais scolaires. Ensuite, un audit indépendant validera les versements avant le décaissement du second palier de 50%.
Un déblocage après optimisation du processus
Dans son communiqué daté du lundi 11 mai 2026, le ministère explique ce démarrage par l’optimisation du circuit de décaissement. Cette amélioration découle d’une concertation technique avec la Banque mondiale. Ainsi, le gouvernement veut lever les barrières financières à la scolarisation des filles. Il veut également réduire les retards observés durant les phases pilotes.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Par ailleurs, cette étape s’inscrit dans les engagements du Gouvernement congolais pour l’égalité d’accès à l’éducation.
Des frais scolaires partiellement couverts
Pour cette première phase, chaque école éligible reçoit une dotation couvrant :
- 50% du total des frais scolaires ;
- Les frais de bulletin, minerval et scolarité ;
- Les frais liés aux épreuves certificatives, notamment le Test National de Sélection et d’Orientation Scolaire et Professionnelle (TENASSOP) et l’Examen d’État (EXETAT) pour les finalistes.
Le communiqué précise que le solde de 50% sera versé après la clôture d’une mission d’audit de conformité. Cette mission vérifiera l’effectivité des paiements ainsi que l’exactitude des listes d’élèves.
En outre, le PAAF réaffirme sa ligne de conduite : rigueur, transparence et redevabilité dans la gestion des fonds publics et des ressources des partenaires.
Distribution des cartes SIM
Les ONG ACDHI, CARITAS LUEBO, LIZADEEL et ACD remettent les cartes SIM nécessaires aux transactions monétaires.
Pour les écoles de la phase pilote, les duplicatas en cas de perte sont délivrés uniquement au Bureau PAAF de Tshikapa. Ainsi, ce dispositif vise à sécuriser les paiements mobiles destinés aux tuteurs.
Dix écoles pilotes concernées à Tshikapa 2
La phase initiale de généralisation cible dix écoles de la sous-division Tshikapa 2. Au total, elles regroupent 1 923 élèves filles.
Parmi ces établissements figurent l’Institut Muyamba Ngo 1, l’Institut Muimbu Shakalau, l’Institut Mwangu Maker, l’Institut Mbimbi, l’IDAP/ISP Tshikapa, l’ITIP Molik, l’Institut Technique de Dibumba, l’Institut Tobi, le Collège Pierre Célestin et l’Institut Dijadika.
Un levier pour l’autonomisation des filles
Le PAAF, financé par la Banque mondiale, vise à maintenir 1,2 million de filles à l’école en République démocratique du Congo d’ici 2028. Pour y parvenir, le programme combine bourses, sensibilisation communautaire et distribution de kits scolaires.
Selon UNICEF RDC, le taux de rétention des filles au primaire dans le Grand Kasaï restait inférieur à la moyenne nationale en 2024. C’est pourquoi ces provinces bénéficient d’un ciblage prioritaire.
Revue à mi-parcours du PAAF à Kinshasa
La ministre d’État Raïssa Malu a ouvert, le lundi 11 mai 2026 à Kinshasa, la revue à mi-parcours du PAAF.
Cette rencontre a réuni des experts, des partenaires techniques et des coordonnateurs provinciaux. Ensemble, ils ont évalué l’exécution du projet depuis son lancement. L’objectif consiste à mesurer les résultats obtenus, identifier les blocages opérationnels et réajuster les interventions. À terme, le programme veut garantir un accès effectif des filles au secondaire dans les dix provinces ciblées avant décembre 2028.
Un bilan sans complaisance exigé
Lors de ces assises, Raïssa Malu a qualifié cet exercice de « moment de vérité ». Elle a alors insisté sur la nécessité d’un bilan sans complaisance. Selon elle, les ambitions du programme doivent être confrontées aux réalités du terrain.
De plus, la ministre a pointé les lenteurs dans l’octroi des bourses scolaires au Kasaï. Elle a donc exigé des procédures plus rapides, plus rigoureuses et plus transparentes. Enfin, elle a rappelé que le PAAF s’inscrit dans la vision du Gouvernement congolais.
D’après elle, ce projet doit produire des résultats tangibles pour les populations, y compris dans les zones touchées par l’insécurité.
400 millions USD mobilisés jusqu’en 2028
Le PAAF mobilise un financement de 400 millions USD accordé par la Banque mondiale. Une part importante du programme concerne le recrutement et la formation de 5 000 nouvelles enseignantes du secondaire dans les écoles publiques des provinces bénéficiaires.
Entré en vigueur le 24 juillet 2023, le projet se poursuivra jusqu’au 29 décembre 2028. Il couvre le Kasaï, le Kasaï-Central, le Kasaï-Oriental, le Sud-Kivu, l’Ituri, Kinshasa, le Kongo-Central, le Kwilu, la Lomami et le Nord-Kivu.
Enfin, cette revue s’aligne sur le plan quinquennal 2024-2029 du Gouvernement congolais. Ce programme fait de l’éducation des filles et de la qualité des apprentissages un levier prioritaire pour renforcer la résilience et l’inclusion du système éducatif national.



