C’est désormais officiel : plus aucun candidat à l’Examen d’État en République démocratique du Congo ne pourra décrocher son diplôme sans avoir planché, au moins une fois, en anglais oral. Une petite révolution silencieuse, mais radicale, introduite à partir de la 59e édition.
Ce mardi 5 mai 2026, alors que les épreuves hors session battent leur plein sur l’ensemble du territoire national, une annonce de taille a secoué les bancs des centres d’examen : l’évaluation de l’anglais parlé devient obligatoire pour tous les finalistes, toutes sections confondues.
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Jusqu’ici réservée à certaines filières littéraires ou linguistiques, la pratique orale de la langue de Shakespeare s’impose désormais comme un passage incontournable du sésame final. Une décision que l’Inspecteur général de l’Éducation nationale, Hubert Kimboza, justifie sans détour : « Renforcer les compétences linguistiques des jeunes Congolais, dans un monde où l’anglais est la clé des échanges économiques et numériques. »
Une réforme en deux temps : oral et défense de stage
Mais cette mouture 2026 ne s’arrête pas à l’anglais. Autre innovation majeure : l’instauration de la défense des rapports de stage pour certaines filières. Les sections pédagogique et sociale sont les premières concernées. Finies les simples remises de documents administratifs. Désormais, les candidats devront présenter et soutenir leur rapport de stage devant un jury, dans une mise en situation professionnelle.
Objectif affiché, selon l’Inspection générale : valoriser les compétences pratiques et sortir de la logique purement théorique.
Sur le terrain, les filières techniques à l’épreuve du concret
Deuxième jour des épreuves hors session, ce mardi. Dans les ateliers et laboratoires, les candidats des filières techniques – électricité, électronique, commerciale et gestion – sont soumis aux traditionnelles épreuves pratiques. Montage de circuits, diagnostic de pannes, études de cas commerciaux : une mise en application directe des connaissances acquises tout au long de l’année.
Selon les premiers remontages, aucun incident majeur n’a été signalé. La veille, l’épreuve de dissertation s’est déroulée « sans accroc sur toute l’étendue du pays », a tenu à rassurer Hubert Kimboza.
Calendrier : deux semaines d’épreuves hors session
Les épreuves hors session s’étaleront sur quatorze jours, couvrant l’ensemble des 26 provinces de la RDC. Un rythme soutenu, mais rodé. Le troisième jour sera consacré aux langues : français écrit et, grande première, anglais oral pour tous.
À l’issue de cette période, les superviseurs nationaux remettront un rapport complet à l’Inspection générale. Document stratégique, il permettra d’évaluer la fluidité du processus, d’identifier les centres ayant rencontré des difficultés logistiques, et de proposer des ajustements pour les éditions futures.
Enjeu pédagogique ou pari risqué ?
Sur le terrain, les avis divergent. Si beaucoup saluent la modernisation du système éducatif congolais, certains enseignants s’interrogent sur l’état de préparation des candidats, notamment dans les zones rurales où l’accès à un enseignement oral de l’anglais reste limité.
L’administration centrale assure toutefois que des mesures d’accompagnement ont été déployées en amont. Reste à savoir, dans quelques semaines, si cette réforme tiendra ses promesses – ou creusera un peu plus les inégalités scolaires.
Une seule certitude : à partir de 2026, en RDC, on n’entre plus à l’Examen d’État sans savoir baragouiner un minimum d’anglais oral.



