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La coalition C64 exige la dissolution des Forces du progrès et appelle à la décrispation politique

La coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) hausse le ton contre les Forces du progrès, une…

La coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) hausse le ton contre les Forces du progrès, une structure de jeunes se réclamant de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti au pouvoir en République démocratique du Congo (RDC). Réunis à Rome, en Italie, pour leur première rencontre en présentiel, les dirigeants de l’opposition ont réclamé la dissolution de ce groupe et appelé les autorités de Kinshasa à décrisper la situation politique.

Lors d’une conférence de presse organisée le mardi 27 octobre 2026, Jean-Marc Kabund, Martin Fayulu, Delly Sesanga et Matata Ponyo ont notamment invoqué l’article 190 de la Constitution, qui interdit les milices privées. Moïse Katumbi, cinquième membre de la coalition, participe également à cette initiative politique.

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La C64 invoque l’interdiction constitutionnelle des milices privées

Les leaders de la coalition estiment que la situation sécuritaire du pays ne peut justifier une restriction générale des libertés fondamentales. Ils ont notamment rappelé que le contexte de guerre « ne saurait justifier la suppression générale des libertés d’expression, de réunion et de manifestation ».

La C64 demande ainsi la dissolution des Forces du progrès, régulièrement mises en cause par des acteurs de l’opposition dans des incidents survenus à Kinshasa. Ces derniers accusent notamment des membres de cette structure d’avoir perturbé des manifestations et agressé des participants, parfois à l’aide d’armes blanches.

Ces accusations sont au cœur des critiques adressées au groupe. Elles doivent toutefois être distinguées des faits établis par une décision de justice dans chaque affaire concernée.

Augustin Kabuya avait déjà critiqué certains membres du groupe

Les critiques contre les Forces du progrès ne proviennent pas uniquement de l’opposition. Le 28 mai dernier, lors d’une réunion publique organisée au siège de l’UDPS, dans la commune de Limete, à Kinshasa, Augustin Kabuya, secrétaire général du parti présidentiel, avait lui aussi dénoncé le comportement de certains de leurs membres.

Il avait estimé que leurs agissements faisaient « la honte du parti [UDPS] et du régime » de Félix Tshisekedi.

S’adressant publiquement à un responsable présenté comme le « président Muselu », Augustin Kabuya avait annoncé son intention de rencontrer ses collaborateurs basés à Kinshasa pour leur transmettre de nouvelles orientations, avant d’éventuelles autres décisions.

« Président Muselu, tu vas appeler tes collaborateurs des Forces du progrès puisque j’ai un message à vous transmettre. Parce que ce qui se passe est inacceptable », avait-il déclaré, appelant les membres concernés à faire preuve de prudence.

Cette prise de position avait illustré les critiques exprimées à l’époque au sein même de l’UDPS à l’égard de certains comportements attribués à cette structure.

Une présence à Kinshasa qui suscite des controverses

Les Forces du progrès sont signalées dans plusieurs communes de la capitale congolaise. Leur présence suscite des interrogations et des accusations de la part de certains acteurs, qui dénoncent des activités présumées en dehors du cadre légal.

Des hangars portant l’inscription « Bureau des Forces du progrès » auraient notamment été installés aux abords de l’avenue des Poids lourds. Certains accusent également le groupe de percevoir des taxes dans certains quartiers de Kinshasa.

Ces allégations alimentent les demandes de clarification sur le statut, les activités et l’encadrement de cette structure. Elles nécessitent néanmoins des vérifications indépendantes pour établir précisément les responsabilités éventuelles.

Des membres ont été condamnés dans une affaire judiciaire en 2024

Les Forces du progrès ont également été citées dans des affaires judiciaires. En août 2024, le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe a prononcé la peine de mort contre six prévenus présentés comme membres de cette structure, dans une affaire liée à un déguerpissement immobilier et à l’attaque de la résidence de Joseph Kabila, dans la commune de la Gombe.

Plusieurs autres prévenus avaient été acquittés, les infractions mises à leur charge n’ayant pas été établies.

Le groupe avait aussi été mis en cause pendant la campagne électorale de 2023, à la suite d’une attaque au domicile de Franck Diongo, alors candidat à l’élection présidentielle. Des images diffusées à l’époque montraient l’opposant, la chemise ensanglantée, demander pardon à Félix Tshisekedi en présence de personnes présentées comme membres de cette structure.

À Rome, la C64 entend désormais inscrire la question des Forces du progrès dans son plaidoyer pour une décrispation politique. Sa demande de dissolution s’appuie sur l’interdiction constitutionnelle des milices privées et sur la nécessité, selon elle, de garantir les libertés publiques et la sécurité des acteurs politiques en RDC.

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