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« Pas de dialogue avec les armes » : Tshisekedi fixe une ligne rouge à l’AFC/M23

Le président Félix Tshisekedi a fixé une ligne rouge. Dans son adresse à la Nation consacrée au « dialogue national…

Le président Félix Tshisekedi a fixé une ligne rouge. Dans son adresse à la Nation consacrée au « dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État », le chef de l’État a exclu toute participation des groupes qui combattent encore la République, tout en laissant entrevoir une possibilité de réintégration pour les combattants prêts à rompre avec la violence.

Cette position clarifie la doctrine de Kinshasa à l’approche des futures concertations nationales : pas de place à la table du dialogue pour ceux qui portent encore les armes contre l’État, mais une ouverture individuelle pour ceux qui choisissent de quitter la rébellion.

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Une ligne rouge contre les groupes armés

Au cœur de son intervention, Félix Tshisekedi a rappelé que le dialogue national ne saurait accueillir comme composantes politiques les acteurs engagés dans une lutte armée contre les institutions de la République.

« Ne pourront donc pas participer à ce dialogue en qualité de composantes politiques ceux qui, à l’ouverture du processus, combattent par les armes l’ordre constitutionnel », a déclaré le président.

Le chef de l’État a justifié cette exclusion en invoquant ce qu’il considère comme « la réprobation de la Nation » face aux groupes qui poursuivent la guerre contre la République, ses institutions et ses citoyens.

Dans cette logique, il a une nouvelle fois renvoyé la coalition AFC/M23 au processus de Doha, réaffirmant que ce cadre demeure celui consacré aux discussions avec cette rébellion, malgré les appels de certains acteurs de l’opposition à son intégration dans le dialogue national.

Une porte entrouverte pour ceux qui déposent les armes

Si le ton est ferme à l’égard des groupes armés, le président a toutefois introduit une nuance importante.

Il a annoncé qu’une voie de réintégration resterait ouverte aux combattants qui renonceraient, à titre individuel, à leur engagement armé.

Cette possibilité est toutefois assortie de conditions précises : un renoncement sincère et vérifiable à la violence ainsi qu’une condamnation sans équivoque de l’agression dont la RDC affirme être victime.

« Notre responsabilité sera de tenir ensemble deux exigences indissociables : ouvrir le chemin de la paix à celles et ceux qui renoncent sincèrement à la violence et garantir la justice à celles et ceux qui en ont été les victimes », a affirmé Félix Tshisekedi.

Le chef de l’État a également réaffirmé son refus d’effacer les crimes et les violences sexuelles commis dans l’Est du pays au nom d’un compromis politique.

L’AFC/M23 maintient son rejet du dialogue national

Cette position présidentielle intervient alors que la coalition AFC/M23, qui contrôle plusieurs territoires dans l’Est de la RDC, a déjà rejeté l’idée de participer au dialogue national annoncé par Kinshasa.

Au lendemain de cette annonce, Corneille Nangaa avait estimé que la crise congolaise ne pouvait être résolue par de nouveaux compromis politiques.

Selon lui, la solution résiderait plutôt dans une « refondation de l’État » que dans ce qu’il qualifie de « compromis hypocrites ».

Deux processus désormais distincts

Avec cette prise de position, Félix Tshisekedi trace désormais une frontière nette entre deux cadres de discussion.

D’un côté, le dialogue national, réservé aux acteurs qui respectent l’ordre constitutionnel. De l’autre, le processus de Doha, maintenu comme canal distinct pour traiter des questions liées à l’AFC/M23.

Ce double dispositif traduit la volonté affichée par Kinshasa de poursuivre les efforts en faveur de la paix sans remettre en cause le principe de responsabilité pour les crimes commis dans l’Est de la République démocratique du Congo.

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