le ministre congolais des Mines visite un modèle industriel en Afrique du Sud

Il n'a pas voulu se contenter des salons feutrés et des présentations PowerPoint. Réduire le séjour du ministre congolais des…

Il n’a pas voulu se contenter des salons feutrés et des présentations PowerPoint.

Réduire le séjour du ministre congolais des Mines à sa seule participation à la prestigieuse conférence Mining Indaba, en Afrique du Sud, aurait été une erreur. Louis Watum Kabamba avait prévu d’aller plus loin. Beaucoup plus loin.

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Ce vendredi, au lendemain des forums officiels, il a pris la route. Direction la province du Northern Cape, territoire aride mais riche de ce sous-sol qui fait rêver les industriels. Là-bas, l’attendait une plongée dans le concret : les installations de Kudumane Manganese Resources.

Des chiffres qui parlent

Sur place, le ministre a arpenté la mine à ciel ouvert. Il a observé les unités de traitement, suivi le cheminement du minerai, de l’extraction à la transformation. Derrière chaque machine, derrière chaque atelier, il y avait des chiffres. Et ces chiffres, impressionnants, racontaient une histoire.

164 millions de dollars injectés dans Kudumane Manganese Resources. Et à côté, 413,3 millions USD investis dans Pertama Ferroalloys. Près de 600 millions de dollars déployés sur un même site, par un même groupe.

Pourquoi cet intérêt soudain pour une mine sud-africaine ? Parce que derrière Kudumane se profile un partenaire stratégique pour la RDC. Ces visites s’inscrivent dans le prolongement des échanges engagés en marge de l’Indaba avec les investisseurs japonais du groupe AML Group. Ceux-là mêmes que Kinshasa aimerait voir poser leurs valises et leurs capitaux sur le sol congolais.

Un modèle à importer ?

Ce qui a frappé Louis Watum, au-delà des performances techniques et financières, c’est la logique d’intégration. Ici, on ne se contente pas d’extraire. On transforme. On crée de la valeur ajoutée sur place, avant d’exporter. Un modèle économique que la RDC tente d’imposer chez elle, avec des résultats encore inégaux.

Mais l’œil du ministre ne s’est pas arrêté aux seules installations industrielles. La délégation congolaise a également porté une attention particulière à l’impact communautaire du projet. Infrastructures sociales, services de santé : tout a été passé en revue. Parce qu’à Kinshasa, on le répète, une mine ne doit pas être un enclave étrangère au milieu d’une population oubliée.

Le manganèse, prochain pari congolais ?

Ce déplacement, aussi technique soit-il, est lourd de sens. Il traduit une stratégie : positionner la RDC comme destination prioritaire pour des investissements structurants dans le manganèse. Un minerai stratégique, essentiel à la sidérurgie et aux nouvelles technologies, dont le sous-sol congolais regorge.

Entre les chiffres vertigineux des investissements sud-africains et le modèle intégré observé sur place, Louis Watum est reparti avec des images plein la tête. Et sans doute, aussi, avec des arguments supplémentaires à faire valoir auprès des opérateurs japonais.

Reste à transformer l’essai. Transformer la visite en contrat, l’intérêt en investissement, le minerai congolais en valeur ajoutée locale.

Le chemin est encore long. Mais ce vendredi, dans la poussière rouge du Northern Cape, une pierre de plus a été posée.

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