Société




Crise des transports à Kinshasa après de nouvelles taxes automobiles paralysantes

Kinshasa – Ce lundi 26 janvier, les Kinois ont connu un réveil brutal. La ville de plus de 15 millions…

Kinshasa – Ce lundi 26 janvier, les Kinois ont connu un réveil brutal. La ville de plus de 15 millions d’habitants est quasi paralysée. Ses artères, habituellement saturées, apparaissent étrangement fluides. Mais cette apparente tranquillité cache une réalité inquiétante : les transports en commun ont déserté massivement les rues. La cause : une nouvelle série de mesures fiscales qui étouffe conducteurs et usagers.

Pour circuler, les automobilistes doivent désormais payer 564 dollars au total : vignette (70$), permis de conduire (120$), contrôle technique (80$) et assurance plafonnée à 294$. Un montant exorbitant dans une économie où la majorité des habitants gagne moins d’un dollar par jour.

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Les taxis et bus déclenchent une grève de fait

Face à ce mur financier, les conducteurs de taxis, bus et minibus ont choisi de ne pas rouler. Beaucoup ont laissé leurs véhicules au garage, incapables ou réticents à assumer ces coûts. Le résultat a été immédiat : une pénurie sévère de transport. Des milliers de travailleurs, enseignants et élèves ont dû marcher des dizaines de kilomètres sous un soleil de plomb.

Pour ceux qui ont osé prendre la route, les prix ont flambé. Un trajet, coûtant 1000 francs congolais le matin, pouvait atteindre près de 5000 francs le soir, presque le double du revenu journalier moyen. Une situation intenable pour une population déjà fragilisée.

Une mesure anti-embouteillage qui asphyxie les habitants

Les autorités présentent ces contrôles renforcés comme nécessaires pour désengorger la capitale et assurer un parc automobile en règle. Mais dans les faits, l’effet est inverse. En ciblant les véhicules de transport public – essentiels pour des millions de Congolais – la mesure a provoqué une crise sociale avant même de réduire les embouteillages.

Cette première journée de mise en application brutale soulève des questions sur l’équité et la viabilité de la réforme. Comment imposer une telle facture à des conducteurs aux revenus précaires, sans offrir d’alternative aux habitants ? Pour l’instant, Kinshasa respire mieux. Mais cette « respiration » se paie au prix d’une paralysie qui frappe les plus vulnérables. La colère, silencieuse aujourd’hui, pourrait bien s’exprimer si la crise des transports perdure.

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