Kinshasa, aéroport international de N’djili – 21 mai 2026 – Dans un ronronnement puissant mais maîtrisé, l’ATR 72-600 a fendu le ciel de Kinshasa pour se poser sous les yeux d’une poignée d’officiels et de techniciens émus. Ce nouvel aéronef, flambant neuf, 70 places exactement, n’est pas un avion comme les autres. C’est le deuxième du genre pour Air Congo. Et il pourrait bien changer la vie de millions de Congolais.
La cérémonie était présidée par le vice-Premier ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, entouré des responsables de la compagnie nationale. Sous le soleil de l’après-midi, tous affichaient le même sentiment : celui d’un décollage historique pour la desserte intérieure du pays.
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« Avec ce deuxième ATR, nous concrétisons notre ambition : reconnecter les provinces entre elles, offrir une alternative fiable à des routes souvent impraticables »
— a souligné un responsable d’Air Congo, sous les flashs des photographes.
Cinq avions en un an et demi : la flotte congolaise prend son envol
Cette nouvelle acquisition ne tombe pas du ciel. Elle s’inscrit dans une montée en puissance fulgurante. En moins de dix-huit mois, Air Congo est passée de trois à cinq appareils. Deux ATR 72-600, spécialement dédiés aux liaisons domestiques, viennent ainsi grossir les rangs d’une flotte qui se veut moderne, robuste et adaptée aux pistes exigeantes du territoire.
Fin avril 2026, le ministère des Transports avait déjà annoncé l’arrivée progressive de deux nouveaux avions pour renforcer les vols intérieurs. Promesse tenue. Désormais, les passagers pourront rejoindre des villes longtemps délaissées par le transport aérien : Bunia, Beni, Isiro, Gbadolite, Kalemie.
« Chaque nouvel appareil, c’est un pont jeté par-dessus l’enclavement. C’est un accès aux soins, aux marchés, à l’éducation »
— souffle un agent de la compagnie, les yeux rivés sur le fuselage encore immaculé.
Un partenariat gagnant-gagnant avec Ethiopian Airlines
Derrière cette renaissance, un mariage stratégique : l’État congolais, actionnaire majoritaire avec 51 % des parts, et Ethiopian Airlines, partenaire technique et financier, qui détient 49 %. Une coentreprise qui porte ses fruits. La compagnie éthiopienne, l’une des plus réputées d’Afrique, apporte son expertise en maintenance, formation et gestion des opérations.
Concrètement, cela signifie des appareils mieux entretenus, des équipages formés aux standards internationaux, et une ponctualité retrouvée. Pour le passager de Kinshasa, Goma ou Lubumbashi, c’est la promesse d’un voyage moins aléatoire. Pour les provinces reculées, c’est une bouée logistique.
Vers un maillage aérien inédit en RDC
Avec ce second ATR 72-600, Air Congo ne se contente pas d’ajouter un avion à sa flotte. Elle tisse une toile. Un maillage aérien qui, pour la première fois depuis des décennies, couvre les grands trous noirs de la carte nationale : le nord-est, le Grand Nord, les savanes isolées du Katanga.
Le pari est clair : faire du ciel congolais une autoroute accessible, sécurisée et régulière. Et faire souffler un vent nouveau sur des provinces entières, jusqu’ici dépendantes de pistes en terre battue et de convois semés d’embûches.
Alors que les moteurs de l’ATR s’éteignent doucement sur le tarmac de N’djili, une certitude plane : Air Congo a pris de l’altitude. Et avec elle, tout un pays.



