Il est des rendez-vous diplomatiques qui dépassent le simple protocole. La visite d’État de 48 heures du président burundais Evariste Ndayishimiye à Kinshasa en est un parfait exemple. Accueilli à bras ouverts par son homologue Félix-Antoine Tshisekedi à la Cité de l’Union africaine, le chef d’État burundais, également président en exercice de l’Union africaine, n’a pas caché son émotion.
« J’exprime ma profonde gratitude au peuple et aux autorités congolaises pour l’accueil chaleureux et fraternel qui m’a été réservé ainsi qu’à ma délégation », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Cette visite m’a permis de renforcer les liens historiques et d’ouvrir de nouvelles perspectives de coopération entre nos deux nations. »
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Un message qui résonne comme une promesse, alors que les deux pays entendent donner un nouvel élan à leur relation, dans tous les domaines : politique, diplomatique, sécuritaire, économique, culturel, humanitaire et social.
Sécurité dans l’Est : Ndayishimiye s’engage personnellement
Au cœur des discussions, la question sécuritaire dans l’Est de la RDC a occupé une place centrale. Face aux menaces récurrentes des groupes armés étrangers et des forces négatives qui ensanglantent la région, le président burundais a appelé à une mutualisation accrue des efforts entre les États de la région.
« J’ai réaffirmé mon engagement personnel en faveur de la médiation africaine. J’ai également eu l’occasion de réitérer mon soutien constant aux institutions de la RDC dans leur mission essentielle de restauration de la paix », a martelé Ndayishimiye.
Un engagement d’autant plus significatif qu’il intervient dans un contexte régional complexe, où les processus de paix peinent à produire des résultats tangibles. Le président burundais a insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de suivi existants, gage d’une stabilisation durable.
Commission mixte permanente : le rendez-vous de septembre à Bujumbura
Dans le sillage de cette visite, les deux chefs d’État ont convenu d’un calendrier concret pour matérialiser leurs ambitions communes. Le président Tshisekedi a ainsi annoncé la tenue, au mois de septembre 2026 à Bujumbura, de la session de la Commission mixte permanente de coopération entre les deux pays.
« Nous avons réaffirmé notre volonté commune de donner une nouvelle impulsion à la coopération entre la RDC et le Burundi », a déclaré le président congolais.
Cette commission, qui sera la première du genre depuis plusieurs années, doit permettre de décliner opérationnellement les accords conclus lors de cette visite historique et de poser les jalons d’une coopération renouvelée, au service des populations des deux rives du lac Tanganyika.
Épidémie d’Ebola : Tshisekedi annonce une descente en Ituri
Autre sujet brûlant abordé lors du point de presse conjoint : la riposte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit actuellement en RDC. Le ministre de la Santé, Roger Kamba, a d’ailleurs dressé un bilan encourageant des efforts déployés : « Plus de 500 lits ont été déployés en un mois, 5 laboratoires installés, et en termes de dépistage, on est arrivé à 2 000 cas dépistés par mois. La riposte atteint un nouveau niveau élevé. »
Un optimisme mesuré, mais qui a convaincu le chef de l’État congolais de se rendre personnellement sur le terrain. Félix Tshisekedi a ainsi annoncé sa descente prochaine dans la province de l’Ituri, dans le nord-est du pays, pour s’imprégner de l’évolution de l’épidémie et superviser les opérations.
« La protection de la santé de nos populations demeure un impératif collectif ainsi qu’un pilier essentiel de la stabilité, de la résilience et du développement durable de notre continent », a-t-il souligné.
Le porte-parole du gouvernement a également salué cette initiative présidentielle, qui témoigne de la mobilisation au plus haut niveau de l’État face à cette crise sanitaire. Une mobilisation qui, espèrent les autorités, contribuera à endiguer l’épidémie et à rassurer les populations locales.
Une coopération sanitaire régionale en perspective
Au-delà de l’engagement national, la visite du président burundais a également permis d’aborder les défis sanitaires sous un angle continental. Les deux chefs d’État ont réaffirmé que ces enjeux exigent une solidarité accrue entre les États, une coopération renforcée et une mobilisation permanente des mécanismes de prévention et d’alerte précoce.
Un message fort, à l’heure où les épidémies ne connaissent pas de frontières et où la mutualisation des moyens apparaît comme la seule réponse efficace pour faire face aux menaces sanitaires qui pèsent sur la région des Grands Lacs.
Une visite qui ouvre une nouvelle ère
En 48 heures, Evariste Ndayishimiye et Félix Tshisekedi ont posé les bases d’une relation bilatérale revitalisée, tournée vers l’action et la résolution concrète des défis communs. Sécurité, coopération économique, lutte contre les épidémies : les chantiers sont vastes, mais la volonté politique affichée par les deux dirigeants laisse entrevoir des perspectives prometteuses.
Rendez-vous est pris pour septembre à Bujumbura, où la Commission mixte permanente devra transformer ces belles déclarations en réalisations tangibles. En attendant, le président Tshisekedi s’apprête à fouler le sol d’Ituri, une terre meurtrie mais résiliente, pour y porter un message d’espoir et de mobilisation.



