À Mongbwalu, le manque de lits et de matériel freine la riposte contre Ebola. Les centres de prise en charge débordent, et plusieurs malades restent confinés à domicile, augmentant le risque de contamination dans leur entourage.
Le médecin chef de zone de Mongbwalu, Dr Dhedja Dhenyo Ruben, alerte sur la situation. Chaque jour, les équipes reçoivent de nouveaux cas suspects, mais les capacités d’isolement sont saturées.
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« Nous recevons plusieurs cas suspects chaque jour, mais les capacités d’accueil sont limitées. Certains malades restent chez eux faute de place », a-t-il déclaré. Résultat : les chaînes de transmission se maintiennent dans les foyers, faute d’équipement de protection et de suivi médical adapté.
Le Centre de Traitement Ebola promis pour renforcer la riposte n’a toujours pas ouvert ses portes. En attendant, les petites structures de santé locales, déjà affaiblies par des années de conflit, sont débordées face à l’arrivée continue de nouveaux cas.
Le manque de lits d’isolement freine la riposte
Kinshasa prévoit l’ouverture de trois nouveaux centres à Rampara, Mongbwalu et Bunia pour augmenter les capacités d’accueil. Mais sur le terrain, le délai entre l’annonce et la mise en service reste un problème critique.
Le ministère de la Santé en RDC appelle la population à collaborer et insiste sur l’importance de la détection précoce. Tant que les capacités d’isolement resteront insuffisantes, la riposte restera en retard. Tant que Mongbwalu et les zones voisines manqueront d’équipement, le risque de rebond national et régional persistera.
Financement de 13 millions USD des États-Unis
Le Département d’État américain a annoncé le 18 mai 2026 le déblocage de 13 millions USD pour soutenir la riposte contre l’épidémie d’Ebola en RDC et en Ouganda. Ces fonds doivent renforcer la surveillance épidémiologique, les capacités des laboratoires, la communication sur les risques, les inhumations sécurisées et la prise en charge clinique.
Au 19 mai 2026, le ministre congolais de la Santé publique, Dr Samuel Roger Kamba, a recensé 513 cas suspects d’Ebola en Ituri et 131 décès probables.
Un risque de propagation nationale et régionale
L’épidémie est causée par le virus Bundibugyo. Aucun vaccin ni traitement n’est approuvé à ce jour, mais la maladie a déjà franchi les frontières. Des cas importés sont signalés à Kinshasa et à Kampala en Ouganda.
Le 17 mai 2026, l’Organisation Mondiale de la Santé a déclaré l’épidémie « urgence de santé publique de portée internationale ». Pour Africa CDC, l’insécurité et la mobilité des populations minières risquent de faire de l’Ituri le point de départ d’une épidémie régionale.




