La tension monte autour de Joseph Kabila. Le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) Diaspora a dénoncé les sanctions américaines visant l’ex-président, qualifiant la mesure de « tentative d’assassinat politique ». Dans la rue ce lundi 4 mai, l’UDPS exige au contraire l’arrestation immédiate de l’ancien Chef de l’État, accusé par Washington de soutenir le M23.
L’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Trésor américain a sanctionné Joseph Kabila, le 25 avril 2026, pour « soutien matériel au groupe armé M23 » dans l’Est de la RDC. La mesure gèle ses avoirs aux États-Unis et interdit toute transaction avec des citoyens américains.
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Sanctions américaines contre Joseph Kabila : le PPRD Diaspora rejette les accusations
Dans ce document, le PPRD Pôle Diaspora s’en prend au « régime de Kinshasa » qui fêterait ces sanctions comme une « condamnation politique ». Le parti de Kabila rappelle que « l’OFAC n’est pas un tribunal ».
Le PPRD nie en bloc les accusations américaines. Il s’appuie sur le Groupe d’experts de l’ONU sur la RDC qui, selon lui, « n’a établi aucun élément public et contradictoire démontrant que Joseph Kabila aurait organisé ou financé une entreprise armée contre la RDC ».
Le parti de l’ex-président met en garde Félix Tshisekedi en convoquant l’histoire de Mobutu.
« Soutenu pendant des décennies, puis lâché lorsque les intérêts ont changé, Bill Richardson fut envoyé pour lui [Mobutu] signifier que son temps était terminé », écrit le PPRD.
L’UDPS appelle à l’emprisonnement de Kabila
Ce lundi 4 mai 2026, des milliers de militants de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) ont marché à Kinshasa. Parti au pouvoir, l’UDPS exige l’arrestation de Joseph Kabila et salue les sanctions américaines comme « des mesures ciblant le fils aîné du Rwanda », selon une banderole brandie par les manifestants.
La marche a relié le siège de l’UDPS à Limete jusqu’au Palais du peuple. Le Secrétaire Général Augustin Kabuya a réclamé « un procès rapide pour haute trahison ».
Ces sanctions interviennent alors que les combats entre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles du M23 se poursuivent au Nord-Kivu. Washington accuse Kabila d’avoir « fourni des fonds et un appui logistique » à la rébellion depuis son exil. Pendant ce temps, la résidence de Kabila est inconnue du grand public.
Joseph Kabila visé par Washington, l’Est de la RDC sous tension
Joseph Kabila rejoint Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa sur la liste SDN. Les sanctions incluent l’interdiction de visa américain et le gel des actifs.
Pour sa part, le Gouvernement Tshisekedi a « salué des mesures qui isolent les acteurs de la guerre », selon un communiqué du Ministère des Affaires étrangères du 26 avril 2026.
L’ONU estime que le conflit dans l’Est a fait 7,1 millions de déplacés en avril 2026. Le M23 contrôle plusieurs localités du Rutshuru. Les États-Unis conditionnent leur aide militaire à la RDC à des « progrès contre l’impunité ».
Le PPRD dénonce une manœuvre pour « neutraliser une figure qui dérange sans procès ». Il réclame « une médiation équilibrée, un dialogue inclusif et le respect de la Constitution ». L’UDPS refuse tout dialogue et exige des poursuites.
En visant Joseph Kabila, Washington durcit sa ligne contre les anciens réseaux au pouvoir. La balle est désormais dans le camp de la justice congolaise, sous pression de la rue et de la Communauté Internationale.



