Une manifestation pacifique de femmes a tourné au drame, mardi 27 janvier, dans la localité de Manguredjipa, au Nord-Kivu. Ce rassemblement devait alerter sur l’insécurité et les attaques répétées des rebelles ADF. Cependant, les forces de l’ordre l’ont violemment réprimé, causant la mort de deux personnes, dont une femme et son bébé de six mois, et plusieurs blessés par balles.
Selon Samuel Kagheni, président de la société civile locale, les services de sécurité ont dispersé les manifestantes à coups de tirs réels. Cette répression brutale a déclenché une colère incontrôlable parmi la population. En représailles, des manifestants ont incendié plusieurs motos et la résidence privée du chef de secteur de Bapere. Ainsi, la cité a plongé dans un chaos total pendant plusieurs heures.
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Un deuil national et un appel à la grève générale
Profondément indignée, la société civile dénonce une « répression disproportionnée » et exige l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante avant même l’inhumation des victimes. En signe de deuil et de protestation, elle appelle tous les opérateurs économiques de Manguredjipa à observer une grève générale à partir de ce mercredi 28 janvier, et ce, jusqu’à nouvel ordre.
« Il y a eu une manifestation des femmes à la suite des tueries perpétrées par les ADF. Malheureusement, un incident grave s’est produit, que nous, société civile, fustigeons et condamnons », a déclaré Samuel Kagheni.
Un silence inquiétant des autorités
Au moment où les faits sont rapportés, la situation sur place reste extrêmement tendue. Les autorités provinciales du Nord-Kivu ne se sont toujours pas exprimées sur cet incident. Ce silence, face à la tragédie, illustre une fois de plus la volatilité et la souffrance endémique des populations civiles, prises en étau entre les groupes armés et les forces de l’ordre souvent accusées de brutalité.
Ce drame soulève des questions cruciales sur le droit à la manifestation et la protection des civils. En effet, dans une région où la peur et la violence rythment le quotidien, la sécurité des populations demeure une urgence humanitaire.
De plus, les observateurs locaux et internationaux appellent à une médiation rapide pour éviter une escalade de la violence et pour protéger les droits fondamentaux des habitants de Manguredjipa.



