KINSHASA – Le gouvernement congolais a pris une mesure radicale pour protéger la santé des citoyens. Ce mercredi 26 novembre, lors de son passage à l’Assemblée nationale, le ministre de la Santé Publique, Roger Kamba, a officiellement annoncé l’interdiction de la pratique des chirurgies esthétiques de type BBL (Brazilian Butt Lift) sur l’ensemble du territoire de la République Démocratique du Congo.
Cette décision, qui prend effet immédiatement, répond aux interrogations du député Guy Mafuta sur la prolifération des interventions esthétiques à Kinshasa. Le ministre a justifié cette interdiction par un constat alarmant : l’absence de personnel médical qualifié pour réaliser ces opérations délicates.
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Une mesure de protection face à un vide médical
« Dans 17 provinces du pays, il n’existe aucun médecin dûment formé et disponible pour pratiquer ce type d’opération », a déclaré Roger Kamba, soulignant les risques graves et les complications vitales associés à ces chirurgies lorsqu’elles sont pratiquées par du personnel non qualifié.
Le ministre a été particulièrement direct dans son analyse : « Les cliniques [qui pratiquent ces interventions] ne sont pas médicales. Il n’y a aucun chirurgien spécialiste en chirurgie esthétique en RDC. Nous ne pouvons pas leur demander d’exercer car elles ne sont pas médicales. »
Double offensive sanitaire : BBL et choléra
La même séance parlementaire a permis au ministre Kamba de répondre aux préoccupations du député Yangotikala concernant la recrudescence de l’épidémie de choléra dans le pays. Le gouvernement présente ainsi un front sanitaire actif sur deux tableaux : la régulation des pratiques médicales à risque et la lutte contre les épidémies traditionnelles.
Cette interdiction des BBL marque une volonté du gouvernement de reprendre le contrôle sur un secteur médical parfois informel, quitte à priver la population d’interventions considérées comme non essentielles face aux enjeux de sécurité sanitaire.



