L’aéroport de Loano a vu descendre, ce lundi 16 février 2026, une figure ministerielle. Eliezer Ntambwe Mposhi, ministre délégué à la Défense nationale chargé des Anciens combattants, entame une tournée décisive dans le Haut-Katanga. Sa mission, loin des protocoles habituels, touche au cœur de la mémoire nationale : la protection des biens de ceux qui ont porté l’uniforme.
À peine descendu de l’avion, le ministre a pris la direction du cabinet du gouverneur. Martin Kazembe l’attendait pour un échange protocolaire, mais aussi stratégique. Car derrière les poignées de main, c’est tout un plan qui se dessine.
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« La mission qui nous emmène au Katanga, c’est en exécution de la décision du conseil des ministres », a clairement expliqué Eliezer Ntambwe Mposhi à sa sortie d’audience. Le conseil lui a confié une autorité précise : celle d’identifier, de récupérer, de valoriser et de sécuriser les biens des anciens combattants.
Quatre verbes forts pour une mission qui s’annonce vaste. Identifier, d’abord, pour savoir ce qui existe encore. Récupérer, ensuite, pour sortir ces biens de l’oubli ou des mains indélicates. Valoriser, pour qu’ils retrouvent une utilité. Sécuriser, enfin, pour que l’histoire ne se disperse pas.
Après le Kwango, le Katanga
Ce déplacement à Lubumbashi n’est pas un acte isolé. Il fait suite à un premier séjour dans la province du Kwango. Le ministre semble donc mener une tournée méthodique, frappant aux portes des provinces une à une.
Dans le Haut-Katanga, son programme ne se limite pas aux salons officiels. Une tournée sur le terrain l’attend. Il visitera les infrastructures qui appartiennent ou ont appartenu aux anciens combattants. Des bâtiments parfois chargés d’histoire, d’autres fois laissés à l’abandon.
Mais le ministre ne s’arrêtera pas aux frontières du Haut-Katanga. Son agenda prévoit déjà une étape dans la province voisine du Lualaba. Même objectif, même urgence : mettre la main sur ce patrimoine dispersé.
Un patrimoine en danger
Derrière cette mission ministérielle, c’est tout un pan de l’histoire congolaise qui cherche à être préservé. Les anciens combattants, ceux qui ont servi sous les drapeaux, parfois depuis des décennies, ont accumulé des biens. Des terres, des bâtiments, des droits.
Mais le temps passe. Les anciens combattants vieillissent. Leurs héritiers ignorent parfois l’existence de ces biens. Parfois, des occupants illégaux s’installent. Parfois, l’administration elle-même perd la trace de ces propriétés.
Le ministre Ntambwe Mposhi arrive donc avec une double casquette. Celle du technicien qui doit inventorier. Celle du gardien qui doit protéger. Un travail de fourmi qui nécessite la collaboration des autorités locales, comme le gouverneur Kazembe.
La mémoire comme boussole
Pourquoi tant d’énergie déployée ? Parce que ces biens ne sont pas de simples actifs. Ils racontent une histoire. Celle d’hommes et de femmes qui ont servi la République démocratique du Congo, parfois au péril de leur vie.
Les laisser se déliter, c’est un peu oublier ce qu’ils ont donné. Les récupérer et les valoriser, c’est au contraire dire que la nation n’oublie pas. Une forme de reconnaissance concrète, qui ne se contente pas de discours lors des cérémonies officielles.
Le ministre le sait bien. En se déplaçant lui-même, en allant sur le terrain, il envoie un signal. L’État se préoccupe de ce patrimoine. L’État veut remettre de l’ordre.
Un long chemin devant lui
Reste que la tâche est immense. Les biens des anciens combattants sont dispersés sur l’ensemble du territoire. Certains ont été mal acquis. D’autres sont litigieux. La mission d’identification, première étape, risque de prendre des mois, voire des années.
Mais le premier pas est toujours le plus important. Ce lundi 16 février 2026, à Lubumbashi, ce pas a été franchi. Le ministre a serré des mains, écouté des doléances, tracé des perspectives.
Dans les prochains jours, il arpentera les infrastructures, foulera la terre du Lualaba, rencontrera sans doute d’anciens combattants ou leurs familles. Pour que la mémoire, enfin, retrouve ses droits.



