Société




Le siège de l’ADDCONGO attaqué après la messe des martyrs, plusieurs blessés

En ce jour anniversaire, Matonge devait vibrer au rythme du souvenir. La paroisse Saint-Joseph venait d'accueillir une messe solennelle. L'objectif…

En ce jour anniversaire, Matonge devait vibrer au rythme du souvenir. La paroisse Saint-Joseph venait d’accueillir une messe solennelle. L’objectif ? Rendre hommage aux chrétiens tués par la DSP de Mobutu, le 16 février 1992. Ces martyrs réclamaient alors la réouverture de la Conférence Nationale Souveraine (CNS).

Trente-quatre ans plus tard, de nombreuses personnalités avaient répondu présentes. Martin Fayulu, Devos Kitoko, Lexxus Legal et d’autres membres de Lamuka ont prié ensemble. La sortie de l’église s’annonçait paisible. Pourtant, l’atmosphère a brutalement basculé aux alentours de 13 heures.

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L’attaque : du cortège au siège du parti

Un guet-apens sur le boulevard

À peine le cortège de Martin Fayulu s’est-il élancé que la violence a éclaté. Selon le porte-parole de Lamuka, des éléments de la Force du progrès ont tendu une embuscade. Ils se sont rués sur le convoi, semant la panique.

Heureusement, les militants de Lamuka ont réagi rapidement. Ils ont formé un rempart humain autour de leur leader. Cette résistance a permis à Martin Fayulu de quitter la zone et de poursuivre sa route.

Le siège de l’ADDCONGO assiégé

Mais les assaillants ne comptaient pas en rester là. Leur cible suivante était toute désignée. Ils ont remonté le Boulevard Triomphal pour s’attaquer au symbole : le siège de l’ADDCONGO.

« Après le passage du président Fayulu, ils ont directement attaqué le siège », témoigne Prince Epenge, président du parti. Son récit est glaçant. Des hommes armés de machettes ont rapidement encerclé le bâtiment. L’angoisse a duré de longues minutes.

« Ils nous ont assiégés pendant une heure. Une heure entière », insiste-t-il. À l’intérieur, la peur régnait. À l’extérieur, les machettes brillaient sous le soleil de Kinshasa.

Un bilan humain et l’intervention tardive des forces de l’ordre

Cette attaque n’a pas fait que des dégâts matériels. Le bilan humain est bel et bien réel. Quatre militants ont été grièvement blessés durant l’assaut.

« Ils ont blessé 4 militants, dont 2 se trouvent présentement à l’hôpital », a déclaré Prince Epenge, visiblement ébranlé. Le sort de ces deux blessés graves inquiète désormais toute la famille politique de Lamuka.

Face à cette violence, la police a finalement déployé ses éléments. Son intervention a mis fin au siège d’une heure. En dispersant les assaillants, elle a probablement évité un drame encore plus sanglant.

L’ombre de l’histoire plane sur Kinshasa

Ce 16 février 2026 restera donc dans les mémoires. Ironie du sort, cette journée de recueillement a été souillée par la violence. En 1992, les fusils de la DSP avaient réprimé une marche pacifique.

Trente-quatre ans plus tard, ce sont des machettes qui ont attaqué des militants. À quelques centaines de mètres seulement de l’église Saint-Joseph. Cette coïncidence tragique rappelle une triste réalité. Dans la quête de démocratie, la paix reste malheureusement une denrée fragile à Kinshasa.

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