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Fraude minière au Lualaba et Haut-Katanga : la Justice ouvre une enquête

Le Gouvernement de la République démocratique du Congo passe à l’offensive contre les réseaux miniers illicites. Le ministre d’État, ministre…

Le Gouvernement de la République démocratique du Congo passe à l’offensive contre les réseaux miniers illicites. Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a instruit, lundi 2 novembre 2026, le Procureur général près la Cour de cassation d’ouvrir des enquêtes judiciaires après d’importantes saisies opérées dans le sud-est du pays.

Cette décision fait suite à un rapport accablant d’une mission conjointe déployée sur le terrain. Policiers, militaires, magistrats et experts du ministère des Mines ont mené des opérations coup de poing sur plusieurs sites d’extraction, notamment à Menda, à cheval entre la province du Lualaba et du Haut-Katanga.

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Des saisies colossales qui révèlent l’ampleur du pillage

À en croire les résultats y afférents, les équipes d’intervention ont confisqué plus de 500 camions et engins lourds utilisés pour l’évacuation clandestine des minerais. À cela s’ajoutent plusieurs milliers de tonnes de cuivre et de cobalt, les deux métaux stratégiques qui font la richesse de cette région.

Selon les premiers éléments, les faits pourraient constituer des cas caractérisés de fraude minière, d’extraction non autorisée et de trafic illicite de substances minérales. Pour le ministère de la Justice, les investigations devront également faire « la lumière sur toute autre infraction connexe ».

Le Lualaba et le Haut-Katanga concentrent plus de 70% de la production mondiale de cobalt. Les deux provinces sont depuis des années gangrenées par l’exploitation artisanale anarchique et l’exportation frauduleuse vers les pays voisins.

Pour les experts du secteur, ces pratiques privent le Trésor public de recettes considérables.

Une injonction pour établir les responsabilités pénales

D’après le ministère de tutelle, il s’agit d’établir les faits avec précision, d’identifier les auteurs et de tirer toutes les conséquences de droit. « Aucune piste n’est écartée, y compris celle d’une complicité au sein des chaînes de contrôle local. »

En effet, la procédure au niveau de la Cour de cassation viserait des personnes jouissant potentiellement de privilèges de juridiction, ce qui laisse entendre que l’enquête pourrait remonter très haut.

La souveraineté minière au cœur de la réponse gouvernementale

Le ministre d’État a tenu à inscrire cette action dans la vision présidentielle.

« La lutte contre la fraude minière et l’exploitation illégale de nos ressources naturelles constitue une exigence de souveraineté et de protection des intérêts économiques de la Nation. Elle s’inscrit dans l’engagement ferme du Président de la République », a-t-il martelé.

Pour rappel, cet activisme judiciaire intervient alors que la RDC cherche à mieux valoriser ses minerais critiques dans le cadre de la transition énergétique mondiale. Chaque tonne de cobalt qui sort illégalement est une perte sèche pour le budget national et pour les projets de transformation locale.

Par ailleurs, les enquêtes qui s’ouvrent à Kinshasa seront donc scrutées de près par les opérateurs miniers et la société civile. Elles devront dire si les saisies de Menda ne sont que la partie visible d’un système beaucoup plus vaste.

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