KINSHASA – Alors que la RDC multiplie les initiatives diplomatiques à Luanda, Nairobi, Washington et Doha pour contrer l’agression du M23 dans l’Est, certaines voix questionnent leur efficacité réelle. L’ancienne sénatrice Francine Muyumba publie un essai percutant : « Pour une diplomatie congolaise source de prospérité nationale et de rayonnement international ». Elle y critique ce qu’elle appelle la « diplomatie du spectacle » et plaide pour un changement radical de paradigme.
« Rien ne change sur le terrain »
Accompagnant la sortie de son ouvrage, Francine Muyumba pointe un constat sévère : « Malgré les discours officiels et les communiqués de presse de la communauté internationale, rien ne change concrètement sur le terrain ».
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Selon elle, la diplomatie ne se limite pas à des photos de sommet ou à des coups de communication. Elle se construit avec puissance et vision stratégique. « La RDC ne doit plus se contenter de postures émotionnelles, mais agir avec force », insiste-t-elle.
Cinq années d’observation au Sénat
Ancienne présidente de la Commission des Relations extérieures du Sénat, élue du Haut-Katanga, Francine Muyumba a observé de l’intérieur « les limites d’un système qui s’essouffle à réagir plutôt qu’à agir ».
Son constat est clair : la RDC a trop souvent confondu agitation et influence réelle. Cette situation, selon elle, freine le rayonnement et la souveraineté du pays.
Un manifeste pour une diplomatie de puissance
Préfacé par le professeur Emmanuel Caulier, l’ouvrage se veut un « outil de rupture ». Francine Muyumba propose une refonte complète de la diplomatie congolaise pour qu’elle :
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cesse d’être « une charge pour l’État » et devienne « le levier de notre économie » ;
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devienne « le bouclier de notre intégrité territoriale » ;
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devienne « le moteur de notre influence réelle ».
Son mot d’ordre : passer « d’une diplomatie de sollicitation à une diplomatie de puissance ». « La RDC ne doit plus subir les agendas extérieurs ; elle doit imposer les siens », insiste-t-elle.
Un contexte de blocages persistants
Cette critique arrive alors que les processus diplomatiques patinent. Malgré l’implication de l’administration Trump et les accords de Washington entre Tshisekedi et Kagame, les tensions persistent.
À Doha, les discussions entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23 peinent à produire des résultats concrets. Plusieurs mesures convenues — mécanisme de cessez-le-feu, déclaration de principes, accord-cadre — n’ont toujours pas été mises en œuvre.
Un appel à la responsabilité collective
En offrant son essai « à chaque Congolais de bonne volonté », Francine Muyumba lance un appel : « Ensemble, cessons d’être les spectateurs de notre propre destin ».
Reste la question : ce manifeste trouvera-t-il un écho au sein des institutions et de la communauté internationale, alors que la RDC cherche désespérément une issue à une crise qui mine sa souveraineté ?



