Le 23 septembre 2026, à New York, où se tient la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies (UNGA81), la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, représentant le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a multiplié les interventions diplomatiques pour défendre les priorités de la République démocratique du Congo. Entre la guerre dans l’Est, l’épidémie d’Ebola Bundibugyo, les déplacements forcés et la réforme de la gouvernance mondiale, la cheffe du gouvernement a appelé la communauté internationale à transformer ses engagements en actions concrètes.
En marge des travaux de l’UNGA81, organisés du 22 au 28 septembre sous le thème « Rétablir la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations unies au service de tous », Judith Suminwa a enchaîné plusieurs rencontres de haut niveau pour porter les préoccupations congolaises sur les plans sécuritaire, humanitaire et sanitaire.
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La guerre dans l’Est au cœur du plaidoyer congolais
À la tribune de l’Assemblée générale, la Première ministre a consacré une large partie de son intervention à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC. Elle a dénoncé les conséquences du conflit, notamment les déplacements forcés, les violences sexuelles, le recrutement d’enfants et l’occupation de territoires.
« Mon pays demeure confronté à une guerre d’agression menée par le Rwanda sous couvert de l’AFC/M23, en violation de sa souveraineté et de son intégrité territoriale, comme l’ont documenté les Nations unies », a-t-elle déclaré.
Judith Suminwa a surtout insisté sur la nécessité d’appliquer les décisions déjà prises par le Conseil de sécurité, notamment la résolution 2773.
« Nous n’attendons pas de nouveaux textes pour remplacer ceux qui ont déjà été adoptés. Nous attendons leur exécution », a-t-elle martelé.
Elle a également rappelé que les processus diplomatiques de Washington, de Doha et la feuille de route de l’Union africaine devaient être pleinement mis à profit pour favoriser une sortie de crise.
Plus d’un million de réfugiés congolais évoqués à l’ONU
Avant cette intervention, la cheffe du gouvernement avait participé à la commémoration du 75ᵉ anniversaire de la Convention relative au statut des réfugiés.
Face aux délégations réunies au siège des Nations unies, elle a dressé un tableau préoccupant des déplacements de populations provoqués par les conflits dans l’Est.
Selon les chiffres qu’elle a présentés, plus d’un million de Congolais sont réfugiés dans les pays voisins, environ six millions sont déplacés à l’intérieur du pays et la RDC accueille elle-même plus de 500 000 réfugiés.
« Les déplacements forcés sont une conséquence de l’absence de paix et, bien souvent, ces déplacements donnent naissance à de graves crises humanitaires », a-t-elle déclaré.
Elle a plaidé pour un renforcement du soutien aux populations déplacées, tout en défendant une approche associant aide humanitaire, développement et consolidation de la paix.
Ebola Bundibugyo : un appel à la solidarité internationale
La question sanitaire a également occupé une place importante dans l’agenda de Judith Suminwa.
Lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20, consacrée à l’accélération de l’action collective contre Ebola, la Première ministre a insisté sur la nécessité de mieux relier les engagements internationaux aux besoins des communautés touchées.
Selon Africa CDC, les besoins pour renforcer la riposte sont évalués à 2 milliards de dollars.
Le gouvernement congolais entend poursuivre la mobilisation internationale afin de contenir l’épidémie d’Ebola Bundibugyo qui sévit principalement dans l’Est du pays.
Réformer le multilatéralisme et mieux valoriser les minerais critiques
Au-delà des urgences sécuritaires et humanitaires, Judith Suminwa a également défendu une réforme plus profonde de la gouvernance mondiale.
Elle estime que la confiance des États dans les institutions internationales dépend d’une application égale du droit international.
« La confiance de nos peuples dans le multilatéralisme commence là où cesse l’application d’un droit variant selon la géographie, la puissance économique ou encore le jeu des alliances », a-t-elle déclaré.
La cheffe du gouvernement a également plaidé pour une plus grande place de l’Afrique dans les instances de décision internationales ainsi que pour une transformation locale des ressources minières congolaises.
La RDC souhaite notamment promouvoir, sous l’égide des Nations unies et en partenariat avec l’Union africaine, un cadre mondial garantissant des chaînes de valeur des minerais critiques « justes, traçables et résilientes ».
Enfin, Judith Suminwa a rappelé que les besoins du pays pour accélérer la réalisation des Objectifs de développement durable dépassent 70 milliards de dollars d’ici à 2030, appelant les partenaires internationaux à faire de la solidarité un levier concret au service des populations congolaises.



