Judith Suminwa attendue à l’Assemblée nationale pour présenter un budget record de 24,8 milliards USD

La République démocratique du Congo s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la planification de ses finances publiques. La Première…

La République démocratique du Congo s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la planification de ses finances publiques. La Première ministre, Judith Suminwa, est attendue ce jeudi 29 octobre à l’Assemblée nationale pour présenter le projet de loi de finances de l’exercice 2027. Évalué à 24,8 milliards de dollars, ce budget ambitionne de renforcer la souveraineté nationale, d’accélérer le développement et d’améliorer les conditions de vie de la population.

Déposé le 15 septembre dernier, à l’ouverture de la session ordinaire de septembre 2026, ce projet constitue une étape majeure dans la préparation du prochain exercice budgétaire. La cheffe du gouvernement revient ainsi devant les députés pour défendre les choix financiers de son équipe et préciser les moyens prévus pour concrétiser les engagements de l’État.

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Un budget de 24,8 milliards USD en hausse de près de 12 %

Présenté en équilibre, en recettes et en dépenses, le projet de loi de finances 2027 s’élève à 56 930 milliards de francs congolais, soit environ 24,8 milliards de dollars américains. Selon la Primature, cette enveloppe représente une progression de près de 12 % par rapport au budget rectificatif de 2026.

Le gouvernement présente cette hausse comme une étape importante dans l’évolution des finances publiques. Selon la Primature, l’exécution de ce budget permettrait au pays de tripler, pour la première fois, les prévisions budgétaires établies au début du premier quinquennat du président Félix Antoine Tshisekedi.

Baptisé « budget d’action et de souveraineté », le projet repose sur trois orientations majeures : préserver la souveraineté nationale, soutenir le développement et renforcer l’efficacité de l’action publique.

La défense de l’intégrité territoriale, la sécurité des populations et la recherche d’une paix durable figurent ainsi parmi les priorités du gouvernement, dans un contexte marqué par les défis sécuritaires persistants dans l’est du pays.

Emploi, pouvoir d’achat et infrastructures au cœur des priorités

Le gouvernement Suminwa entend également renforcer les investissements dans l’agriculture, les infrastructures et les services sociaux de base. L’objectif consiste à stimuler la production nationale, favoriser la création d’emplois et améliorer les conditions de vie des Congolais.

Les allocations du budget général s’articulent autour de six axes prioritaires : créer davantage d’emplois et protéger le pouvoir d’achat des ménages ; défendre le territoire et sécuriser les personnes et leurs biens ; améliorer la connectivité du pays grâce à l’aménagement du territoire ; garantir l’accès aux services sociaux de base ; renforcer l’efficacité des services publics ; et assurer une gestion durable de l’environnement face aux changements climatiques.

À travers ces orientations, l’exécutif entend faire du budget un instrument de mise en œuvre de son programme d’action pour la période 2024-2028.

Éducation : la gratuité scolaire appelée à s’étendre

L’éducation occupe une place importante dans le projet de budget 2027. Les ressources prévues doivent notamment consolider la gratuité de l’enseignement primaire et accompagner son extension aux 7e et 8e années de l’éducation de base dès l’année scolaire 2027-2028.

Le gouvernement prévoit également de financer la construction, la réhabilitation et l’équipement des établissements scolaires. La formation des enseignants, la prise en charge salariale de nouvelles unités ainsi que le départ à la retraite des enseignants remplissant les conditions requises figurent aussi parmi les dépenses annoncées.

Ces investissements visent à soutenir l’accès à l’éducation et à renforcer les capacités du système scolaire congolais.

Santé : la couverture universelle et la gratuité des accouchements soutenues

Dans le secteur de la santé, le projet de loi prévoit des ressources pour étendre la couverture santé universelle et poursuivre la gratuité des accouchements. Les soins maternels et néonatals ainsi que la riposte aux épidémies figurent également parmi les domaines prioritaires.

Ces allocations doivent contribuer à améliorer l’accès aux soins et à renforcer la prise en charge des populations, notamment des femmes et des nouveau-nés.

La concrétisation de ces engagements dépendra toutefois de la mobilisation effective des recettes publiques et de la bonne exécution des dépenses prévues.

Élections, recensement et dialogue national : les autres dépenses stratégiques

Au-delà des secteurs sociaux, le budget 2027 prévoit, sur ressources propres, des dépenses exceptionnelles liées aux initiatives de souveraineté. Celles-ci concernent notamment la sécurité, la provision pour les élections ainsi que les opérations de recensement et d’identification de la population.

Le gouvernement entend également soutenir l’organisation d’un dialogue national consacré à la paix, à la cohésion nationale et à la refondation de l’État. Selon la Primature, le processus devrait commencer par des consultations citoyennes dans les 26 provinces du pays.

Ces prévisions traduisent la volonté de l’exécutif d’intégrer les enjeux politiques, sécuritaires et institutionnels dans la programmation des dépenses publiques.

Un test pour les ambitions du gouvernement Suminwa

Le projet de loi de finances 2027 vise à traduire les engagements du gouvernement en allocations budgétaires concrètes. Il s’inscrit dans les six piliers du Programme d’actions du gouvernement (PAG 2024-2028), inspirés des engagements du président de la République pour son deuxième quinquennat et adoptés par l’Assemblée nationale.

La présentation de Judith Suminwa devant les députés constitue donc un rendez-vous important pour défendre les priorités de l’exécutif. Au-delà du montant annoncé, l’enjeu sera de transformer cette enveloppe en résultats tangibles pour la population, notamment en matière de sécurité, d’emploi, d’éducation, de santé et d’infrastructures.

L’examen parlementaire devra permettre d’apprécier les choix opérés par le gouvernement et les moyens prévus pour financer ses ambitions. La capacité à mobiliser les recettes et à exécuter efficacement les dépenses sera déterminante pour mesurer la portée réelle de ce « budget d’action et de souveraineté ».

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