Le Sénat de la République démocratique du Congo ouvrira sa session ordinaire le mardi 15 septembre 2026 à 11 heures. Cette rentrée intervient dans un contexte politique et budgétaire particulièrement dense.
Le même jour, le gouvernement doit déposer le projet de loi de finances 2027. Son enveloppe pourrait atteindre 24,8 milliards de dollars. Par ailleurs, le Parlement reprendra l’examen de la loi sur l’organisation du référendum, renvoyée après les réserves formulées par la Cour constitutionnelle.
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En une seule journée, plusieurs dossiers majeurs s’invitent donc au cœur de l’agenda parlementaire.
Une ouverture solennelle avant l’examen du budget
La rapporteure de la Chambre haute, Néfertiti Ngudianza, a signé la convocation des sénateurs.
Les élus se réuniront dans la salle des Conférences internationales du Palais du Peuple. Cette première séance sera exclusivement consacrée à l’ouverture officielle de la session.
L’ordre du jour reste volontairement limité. Cependant, cette session de septembre revêt une importance particulière. La Constitution la consacre en priorité à l’examen du budget de l’État.
Le gouvernement défend un budget record de 24,8 milliards de dollars
En parallèle, le gouvernement de Judith Suminwa doit respecter le délai constitutionnel fixé pour le dépôt du projet de loi de finances.
Après la réunion préparatoire du 10 septembre et le Conseil des ministres du 11 septembre, l’exécutif défend une enveloppe de 24,8 milliards de dollars. Il la présente comme le budget le plus ambitieux jamais proposé par la RDC.
Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, attribue cette progression aux réformes engagées ces dernières années.
« C’est la preuve qu’il y a une véritable dynamique économique engagée dans le pays. C’est la preuve aussi que les réformes et la stratégie mises en place par le Président de la République, et pilotées par la Première Ministre, donnent davantage de résultats », a-t-il déclaré sur la RTNC.
À titre de comparaison, le budget 2026 atteignait 20,3 milliards de dollars lors de son dépôt, le 15 septembre 2025.
En revanche, plusieurs paramètres restent encore inconnus. Le gouvernement n’a pas encore publié les hypothèses de croissance, d’inflation, de taux de change budgétaire ni les projections sur les prix du cuivre et du cobalt.
La loi sur le référendum revient devant les chambres
Cette session marquera également le retour de la loi sur l’organisation du référendum.
Le Sénat avait adopté ce texte à l’unanimité le 16 juin 2026. Ensuite, le 28 juillet, la Cour constitutionnelle l’a déclaré conforme à la Constitution tout en formulant des réserves sur treize articles.
Les dispositions concernées portent sur les articles 3, 4, 5, 7, 8, 9, 10, 12, 14, 19, 21, 23 et 43.
Le président de la Cour, Dieudonné Kamuleta, a précisé que les autorités devront publier la loi avec l’arrêt en annexe. Ainsi, elles intégreront les réserves de la Cour lors de son application.
Puis, à la mi-août, le président Félix Tshisekedi a renvoyé le texte au Parlement pour une nouvelle délibération.
La BCC attend encore une nouvelle note de conjoncture
Cette rentrée intervient aussi dans un contexte économique suivi de près par les marchés.
La Banque centrale du Congo (BCC) affiche actuellement un taux directeur de 12,50 %. Elle indique également un dollar à 2 266,93 francs congolais, un euro à 2 636 francs et une inflation annuelle de 3,385 %.
Toutefois, la dernière note de conjoncture couvre uniquement la période du 7 au 14 août 2026. En outre, la BCC ne publie plus le niveau de ses réserves de change dans ses données accessibles.
Le Comité de politique monétaire a progressivement réduit le taux directeur. Il l’a ramené de 15 % à 13,5 % en avril. Ensuite, il l’a fixé à 12,50 % après sa réunion du 17 juillet.
Une rentrée sous le signe des grands chantiers politiques
Enfin, cette session s’ouvre quelques jours après la création du comité d’organisation du Dialogue national.
Une ordonnance présidentielle a officialisé cet organe. Celui-ci regroupe un coordonnateur, un coordonnateur adjoint, plusieurs membres ainsi qu’un secrétariat technique composé de onze experts.
Selon la porte-parole de la présidence, Tina Salama, le comité travaillera directement sous l’autorité du président de la République.
Entre l’examen d’un budget historique, le retour d’une loi sensible sur le référendum et l’ouverture d’une nouvelle séquence autour du Dialogue national, cette session parlementaire s’annonce comme l’une des plus stratégiques de l’année institutionnelle en République démocratique du Congo.



