À moins de deux mois du Forum économique RDC–Royaume-Uni, prévu du 2 au 4 novembre 2026 à Londres, le gouvernement congolais accélère les préparatifs. À Kinshasa, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, multiplie les consultations pour faire de ce rendez-vous un levier d’investissements, de diversification des exportations et de transformation locale.
Le calendrier se resserre pour la diplomatie économique congolaise. Ce lundi 7 septembre à Kinshasa, Julien Paluku Kahongya a reçu la Baronne Sandip Verma, responsable du Consortium de Partenariat Commercial, dans le cadre des préparatifs du prochain Forum économique RDC–Royaume-Uni.
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Prévu à Londres du 2 au 4 novembre 2026, l’événement doit réunir des décideurs publics, des investisseurs, des entrepreneurs et plusieurs acteurs du secteur privé. Pour Kinshasa, l’objectif est désormais de transformer les relations commerciales avec le Royaume-Uni en partenariats économiques concrets.
Des échanges centrés sur les opportunités d’investissement
Les discussions entre Julien Paluku et la Baronne Sandip Verma ont porté sur l’organisation du forum et les opportunités économiques susceptibles d’être présentées aux investisseurs britanniques.
Membre de la Chambre des Lords et ancienne ministre britannique, Sandip Verma dispose d’une expérience dans les domaines politique, économique et entrepreneurial. Elle est également chancelière et ambassadrice de l’Université de Roehampton.
Sa participation aux préparatifs constitue ainsi un relais supplémentaire entre les milieux économiques britanniques et les opportunités offertes par la RDC.
Pour le gouvernement congolais, l’enjeu consiste surtout à dépasser le cadre des échanges commerciaux pour attirer davantage de capitaux britanniques dans le pays.
Le marché britannique comme débouché pour le « Made in DRC »
Kinshasa entend également profiter du partenariat commercial avec Londres pour développer les exportations congolaises.
Certaines filières, notamment le cacao, le café et les épices, bénéficient de conditions préférentielles d’accès au marché britannique. Cette ouverture offre un potentiel important aux producteurs et exportateurs congolais.
Elle impose toutefois des exigences élevées.
Pour accéder durablement au marché britannique, les entreprises devront améliorer leur productivité, respecter les normes internationales et garantir une qualité constante. La capacité à produire des volumes suffisants constitue également un enjeu majeur.
Julien Paluku avait déjà insisté sur cette nécessité en mars 2026, en appelant à renforcer la formation des entreprises congolaises aux normes britanniques afin d’améliorer la compétitivité des produits « Made in DRC ».
Attirer les entreprises britanniques en RDC
La stratégie de Kinshasa ne se limite cependant pas à l’augmentation des exportations.
Le gouvernement veut également convaincre davantage d’entreprises britanniques d’investir directement en RDC. L’objectif est de favoriser la transformation locale des ressources, la création d’emplois et le transfert de technologies et de compétences.
Cette orientation avait déjà été mise en avant lors du lancement de la Chambre de commerce RDC–Royaume-Uni, en mars 2026. Julien Paluku avait alors plaidé pour une présence accrue des entreprises britanniques sur le marché congolais et pour une transformation plus importante des ressources naturelles sur le territoire national.
L’enjeu est stratégique : exporter des produits ayant davantage de valeur ajoutée permettrait à la RDC de mieux capter les revenus générés par ses ressources et de développer progressivement son tissu industriel.
Diversifier les débouchés commerciaux de la RDC
Le rapprochement avec Londres s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des marchés congolais.
Kinshasa cherche à renforcer ses relations commerciales avec plusieurs grands pôles économiques, notamment les marchés américain, européen, africain, chinois et émirati.
Le Royaume-Uni représente ainsi un débouché supplémentaire, mais aussi une source potentielle de capitaux et de savoir-faire dans plusieurs secteurs.
L’agriculture et l’agro-industrie figurent parmi les domaines susceptibles de bénéficier de cette dynamique. Les minerais, l’énergie, les infrastructures, la transformation industrielle et les services constituent également des secteurs à fort potentiel.
De Londres aux investissements concrets
Le véritable test du Forum économique RDC–Royaume-Uni interviendra toutefois après les rencontres.
Pour Kinshasa, il ne s’agit plus seulement de présenter les opportunités offertes par le pays. Il faudra convertir les discussions en investissements, contrats commerciaux, partenariats industriels et débouchés pour les producteurs congolais.
Le défi sera d’autant plus important que les investisseurs arbitrent leurs décisions sur plusieurs critères : accès au marché, stabilité réglementaire, qualité des infrastructures, disponibilité énergétique, fiscalité et capacité des entreprises locales à répondre aux standards internationaux.
À moins de deux mois du rendez-vous londonien, le gouvernement congolais cherche donc à préparer une offensive économique structurée.
L’objectif affiché par Julien Paluku est clair : faire du partenariat avec le Royaume-Uni un instrument capable de soutenir les exportations, l’investissement privé, la création d’emplois et la transformation locale.
Pour la RDC, le Forum de Londres devra ainsi marquer le passage d’une diplomatie fondée sur les opportunités à une diplomatie davantage tournée vers les résultats économiques.



