Santé




Ebola en RDC : à Bunia, la FAO renforce la traque des maladies animales avec 17 motos et une jeep

Bunia, 28 juillet 2026. Dans une province où la lutte contre Ebola mobilise toutes les forces disponibles, chaque moyen supplémentaire…

Bunia, 28 juillet 2026. Dans une province où la lutte contre Ebola mobilise toutes les forces disponibles, chaque moyen supplémentaire peut faire la différence. Sur le terrain, là où les distances sont longues et les accès parfois difficiles, la surveillance sanitaire ne peut se contenter de bonnes intentions. Elle a besoin de moyens pour aller au plus près des populations et détecter rapidement les menaces.

C’est dans ce contexte que l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a remis, ce mardi à Bunia, 17 motos et une jeep Toyota à la Division provinciale de la pêche et de l’élevage de l’Ituri.

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Une dotation présentée comme une avancée importante pour renforcer la surveillance des maladies animales transmissibles à l’homme, notamment les zoonoses, alors que la province reste au cœur de la riposte contre l’épidémie de la maladie à virus Ebola.

L’Ituri se dote de nouveaux moyens pour traquer les zoonoses

La cérémonie de remise s’est déroulée sous la présidence du gouverneur militaire de l’Ituri, le général-major Gaby Kasongo.

Pour l’autorité provinciale, cette dotation marque une étape particulière dans le renforcement du dispositif sanitaire de la province.

« C’est la première fois que notre province bénéficie d’une dotation de cette envergure », a-t-il déclaré, saluant des moyens de mobilité qui doivent permettre aux équipes déployées dans les différents territoires de mieux surveiller les maladies animales susceptibles d’être transmises à l’être humain.

Au-delà des véhicules, l’objectif est aussi d’accélérer la circulation de l’information.

Sur le terrain, les équipes pourront ainsi améliorer la collecte et la remontée des données épidémiologiques, un élément essentiel pour détecter rapidement l’apparition de nouvelles maladies et permettre une réaction plus efficace des autorités sanitaires.

Cette démarche s’inscrit dans l’approche « One Health », ou « Une seule santé », qui considère que la santé humaine, la santé animale et la protection de l’environnement sont étroitement liées.

Dans une province confrontée à une épidémie d’Ebola, cette approche prend une dimension particulière.

17 motos pour rapprocher la surveillance du terrain

Pour les responsables provinciaux, l’arrivée de ces moyens logistiques doit permettre de mieux couvrir les territoires de l’Ituri.

Selon les responsables du projet, chaque territoire bénéficiera de deux motos : l’une destinée au Service national de surveillance épidémiologique et l’autre à l’inspection territoriale de la pêche et de l’élevage.

Sur les 17 motos annoncées, 15 seront remises immédiatement aux équipes concernées.

Les deux dernières devront attendre la construction du laboratoire vétérinaire prévue par la FAO. Une fois cette infrastructure disponible, elles viendront compléter le dispositif.

Le chef de la Division provinciale de la pêche et de l’élevage, l’ingénieur Fiston Kabaseke, a salué l’appui de la FAO et du gouvernement congolais, tout en lançant un message clair aux bénéficiaires.

Ces équipements, a-t-il rappelé, sont des biens de l’État destinés exclusivement au service de la population.

Il a ainsi appelé les agents à en assurer une gestion rigoureuse et responsable, afin que ces moyens puissent remplir leur mission sur le terrain et contribuer durablement à la protection des communautés.

Un appui important, mais des besoins encore loin d’être comblés

Si cette dotation est accueillie favorablement, elle ne règle pas pour autant l’ensemble des difficultés logistiques auxquelles sont confrontées les équipes sanitaires de l’Ituri.

Les responsables provinciaux estiment que les besoins restent considérables, notamment pour les interventions dans les zones difficiles d’accès.

Ils plaident ainsi pour l’acquisition d’un véhicule tout-terrain supplémentaire, qui permettrait de renforcer la mobilité des équipes et d’améliorer leur capacité à intervenir rapidement sur le terrain.

Car dans la lutte contre les maladies transmissibles de l’animal à l’homme, le temps peut être décisif.

À l’heure où l’Ituri est déjà mobilisée face à Ebola, le renforcement de la surveillance animale apparaît donc comme un autre front à ne pas négliger.

Avec ses 17 motos, sa jeep et bientôt son laboratoire vétérinaire, la province veut désormais mieux anticiper les menaces sanitaires avant qu’elles ne franchissent la frontière invisible entre l’animal et l’être humain.

Reste une question : ces nouveaux moyens permettront-ils à l’Ituri de gagner la course contre les prochaines épidémies avant qu’elles ne prennent de l’ampleur ?

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