Politique




Corneille Nangaa ferme la porte au dialogue avec Kinshasa

Alors que les initiatives se multiplient pour tenter de trouver une issue à la crise congolaise, Corneille Nangaa choisit de…

Alors que les initiatives se multiplient pour tenter de trouver une issue à la crise congolaise, Corneille Nangaa choisit de durcir le ton. L’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et coordonnateur de l’AFC/M23 rejette toute perspective de dialogue avec le pouvoir de Kinshasa, estimant que de nouveaux compromis politiques ne permettraient pas, à eux seuls, de régler les problèmes auxquels le pays est confronté.

Dans une vidéo diffusée par ses équipes, Corneille Nangaa s’en est vivement pris aux autorités congolaises, qu’il accuse de ne pas respecter leurs engagements. Une sortie qui intervient au moment où Kinshasa cherche à mettre en place un nouveau cadre de discussions nationales avec l’appui des confessions religieuses.

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Un refus catégorique du processus de dialogue

Pour Corneille Nangaa, la solution à la crise ne passe pas par ce qu’il qualifie de « compromis hypocrites », mais par une transformation profonde de l’État.

Sa position intervient alors que le président Félix Tshisekedi a donné son accord à l’organisation d’un dialogue, à la suite des démarches entreprises par les responsables des confessions religieuses.

Mais la perspective de ces nouvelles discussions semble déjà se heurter à plusieurs obstacles. Le refus affiché par Corneille Nangaa constitue un signal fort pour un processus qui ambitionne de réunir différentes composantes de la scène politique congolaise.

La question de la représentativité du futur dialogue se pose ainsi avec insistance, alors que certains acteurs contestent la crédibilité du pouvoir de Kinshasa comme interlocuteur.

Une « refondation de l’État » plutôt qu’un nouvel accord politique

L’ancien responsable de la CENI défend une approche qui dépasse le cadre d’un simple arrangement entre acteurs politiques.

Il plaide pour une « refondation de l’État » articulée autour de quatre priorités : une armée qu’il souhaite « dissuasive », une police « protectrice », une justice « indépendante » et une administration « fonctionnelle ».

À travers ces propositions, Corneille Nangaa estime que la crise congolaise exige des réformes structurelles et une transformation en profondeur des institutions. Une vision qui l’éloigne davantage du processus de dialogue actuellement envisagé par Kinshasa.

Un dialogue déjà confronté à de nombreux obstacles

Le rejet de Corneille Nangaa intervient dans un contexte politique particulièrement tendu. Après plusieurs cycles de discussions, Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23 restent éloignés sur plusieurs questions majeures.

Par ailleurs, le gouvernement congolais a déjà laissé entendre que le futur forum ne serait pas nécessairement ouvert sans condition à toutes les parties. La participation pourrait notamment dépendre de la position des différents acteurs sur la question de l’agression rwandaise dans l’Est du pays.

Entre refus de négocier, critères de participation et profondes divergences sur les conditions d’un éventuel accord, le chemin vers un dialogue véritablement inclusif s’annonce donc semé d’embûches.

Reste désormais à savoir si les initiatives portées par les confessions religieuses parviendront à rapprocher les positions et à convaincre les acteurs qui, comme Corneille Nangaa, refusent pour l’heure de s’asseoir à la table des discussions.

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