Santé




Ebola : l’OMS en état d’alerte maximale face au virus Bundibugyo

L’Organisation mondiale de la santé a joué cartes sur table, ce mardi 19 mai à Genève. Pas de protocole rodé,…

L’Organisation mondiale de la santé a joué cartes sur table, ce mardi 19 mai à Genève. Pas de protocole rodé, pas de vaccin sous le coude. Juste un constat glaçant : le variant Bundibugyo du virus Ebola progresse en silence dans l’est de la République démocratique du Congo, et personne ne possède d’arme certifiée contre lui. Devant l’Assemblée mondiale de la Santé, le directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus a lâché une phrase lourde de sens : « Je suis profondément inquiet de l’ampleur et de la rapidité. »

Derrière ce mot – inquiétude – se cache une réalité que les diplomates osent rarement nommer : l’impuissance stratégique. Car cette souche Bundibugyo, moins connue que celle du Zaïre, tue jusqu’à 40 % de ses victimes. Et surtout, aucun candidat vaccin n’est même prêt pour des essais cliniques. La docteure Celine Gounder, mémoire vivante de l’épidémie 2014-2016, résume l’effroi des soignants : « Nous n’avons rien. Alors il faut revenir aux fondamentaux : enterrements dignes, traçage, protection des familles. »

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L’Afrique déclare l’urgence, l’OMS cherche des solutions

Lundi soir, l’agence sanitaire de l’Union africaine (Africa CDC) a sorti l’artillerie lourde : « urgence de santé publique continentale. » Une déclaration qui libère des fonds et accélère la coordination. Mais sur le terrain, le retard est alarmant. Jean Kaseya, directeur de l’Africa CDC, avoue un échec précoce : « Nous ne connaissons toujours pas le cas index. Cette flambée a commencé en avril. Le 5 mai, quand on nous a alertés, 50 personnes étaient déjà mortes. »

Pendant ce temps, l’OMS réunit ses meilleurs experts pour passer au crible les rares options médicales. Un espoir minuscule subsiste : le vaccin Ervebo, conçu contre la souche Zaïre, a montré une certaine protection chez l’animal contre Bundibugyo. Pas assez pour une autorisation mondiale. Assez pour que les chercheurs s’y accrochent comme à une bouée.

Un mal qui frappe les villes et les soignants

Ce qui rend cette épidémie unique, c’est sa géographie. Kampala, Goma : des villes densément peuplées, des axes routiers surpeuplés. Et pire encore, les personnels de santé tombent. Au moins quatre décès suspects parmi ceux qui soignent. Un signal d’alarme absolu : quand les garde-fous s’effondrent, le virus traverse les murs des hôpitaux.

Pendant qu’un patient américain – évacué en Allemagne – bénéficie d’une cellule ultrasecurisée, les familles congolaises enterrent leurs morts sans savoir que la sueur, le sang ou les vomissures du défunt peuvent encore tuer. L’OMS le rappelle : pas de fermeture des frontières pour l’instant. Mais la fenêtre de tir se referme. Et dans les couloirs de Genève, on murmure un nom : Bundibugyo. Le variant qui pourrait devenir le prochain cauchemar mondial si la course au vaccin ne s’emballe pas tout de suite.

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