Goma, Nord-Kivu – Cela fait un an jour pour jour que le rugissement des armes a cédé à un silence de plomb. Le 26 janvier 2025, après des combats sanglants et l’assassinat du gouverneur militaire, les rebelles du M23, soutenus par l’armée rwandaise, entraient dans Goma. Aujourd’hui, la capitale du Nord-Kivu vit sous occupation, et le traumatisme de sa chute est une plaie toujours vive.
Le bilan, selon le gouvernement congolais, est effroyable : au moins 10 000 morts, civils et militaires, en un an de conflit. Malgré une résistance acharnée des FARDC et des miliciens Wazalendo pendant trois jours, la ville est tombée. Dans les ruelles de Goma, le souvenir de ces journées hante toujours les esprits.
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« J’ai perdu tout espoir de les revoir »
Pour les familles des victimes, l’anniversaire n’est pas une commémoration, mais un rappel douloureux de l’impunité. « Cela fait déjà un an que mes trois fils manquent à l’appel », confie une mère, la voix nouée par un chagrin devenu chronique. « Tant de personnes ont été lâchement abattues. » Comme beaucoup d’autres, elle lance un appel désespéré à une justice qui n’arrive pas : « Si la justice nationale montre ses limites, la justice internationale doit se saisir de ces dossiers. Il s’agit de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. »
Les défenseurs des droits humains abondent dans ce sens, dénonçant un cycle de violence qui n’a pas cessé avec l’occupation. « Un an après, les menaces, les tortures et les disparitions forcées continuent », affirme un activiste local. « Nous exigeons la fin de la guerre et de l’impunité. »
Une ville transformée en symbole de la souffrance
Sous le contrôle du M23, Goma n’est plus la même. La cité dynamique s’est muée en un théâtre de tueries, d’assassinats ciblés, de tortures et de violences sexuelles. Un climat de peur permanente et de profonde désolation y règne, alors que les pourparlers de paix, à Doha ou ailleurs, piétinent.
Un an après, Goma n’est pas libérée. Elle est seulement devenue le symbole le plus criant de l’échec des accords de paix et du coût humain insupportable d’une guerre qui, loin de s’éteindre, a simplement changé de visage. Pour ses habitants, chaque jour est un rappel que l’anniversaire de la chute n’est pas une fin, mais le début interminable d’une longue nuit.



