La RDC a transmis à Washington une liste secrète de mines stratégiques

Kinshasa / Washington – La bataille discrète pour les minerais critiques vient de franchir une nouvelle étape. Comme révélé précédemment, Kinshasa…

Kinshasa / Washington – La bataille discrète pour les minerais critiques vient de franchir une nouvelle étape. Comme révélé précédemment, Kinshasa a bien transmis à l’administration américaine une liste restreinte de projets miniers susceptibles d’accueillir des investissements stratégiques. Les contours de cette liste commencent à se dessiner, dévoilant des actifs allant du manganèse de Kisenge aux gisements d’or et de coltan des Kivu – une région en proie à la guerre.

Selon plusieurs sources, le document comprendrait des licences de manganèse et d’or à Kisenge, dans le sud du pays, des partenariats antérieurs avec des opérateurs tanzaniens n’ayant pas abouti. Figure également le projet cuivre-cobalt de Mutoshi, près de Kolwezi, actuellement exploité par Chemaf mais que la société publique Gécamines souhaiterait reprendre pour le proposer à des partenaires américains.

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La liste s’étend vers l’est avec quatre permis aurifères de la Sokimo et des licences de lithium de la Cominière au Tanganyika. Plus sensible encore, elle inclurait des actifs de la Sakima, société opérant dans les Kivu et le Maniema, détenant de l’or, du coltan et de la wolframite. Une zone d’ombre demeure : certains de ces gisements, comme ceux de Rubaya au Nord-Kivu, sont toujours sous le contrôle du groupe armé M23, posant une question cruciale de sécurité et de souveraineté.

Face à cette ouverture, la société civile, via la plateforme Casmia-G, a lancé une alerte ce mercredi. Elle exhorte l’État à « ne pas céder les mines aux grandes puissances pour se contenter de résidus », plaidant pour des accords garantissant une réelle valeur ajoutée pour le pays.

Cette liste, désormais entre les mains de Washington, marque le début de négociations cruciales. Elle place la RDC au cœur d’un jeu géopolitique où chaque gisement listé devient une pièce sur l’échiquier de la transition énergétique et de la rivalité sino-américaine. Le défi pour Kinshasa sera de négocier sans brader, dans une région où les richesses du sous-sol nourrissent autant les convoitises que les conflits.

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