Société




34 ans après la marche des martyrs, Lamuka rappelle un « combat inachevé »

KINSHASA – Trente-quatre ans après, la mémoire reste vive et la lutte, selon eux, toujours d'actualité. La coalition d'opposition Lamuka, conduite par Martin…

KINSHASA – Trente-quatre ans après, la mémoire reste vive et la lutte, selon eux, toujours d’actualité. La coalition d’opposition Lamuka, conduite par Martin Fayulu, a rendu hommage ce lundi 16 février aux martyrs de la démocratie lors d’une messe célébrée à la paroisse Saint Joseph de Matonge, cœur historique de la résistance congolaise.

Cette célébration eucharistique commémorait la marche du 16 février 1992, lorsque des milliers de fidèles, répondant à l’appel de l’Église catholique, avaient exigé la réouverture de la Conférence nationale souveraine (CNS) , symbole des aspirations démocratiques du peuple congolais. La réponse du régime du maréchal Mobutu Sese Seko avait été implacable : une répression violente menée par les forces de l’ordre, faisant plusieurs morts et blessés.

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« Un sang qui continue de crier »

Dans son homélie, l’officiant du jour a rappelé que « le sang versé par ces martyrs constitue un appel permanent à la conscience nationale » . Il a exhorté fidèles et dirigeants à faire de cette mémoire « un levier d’engagement pour un Congo plus juste » , soulignant que le combat pour la liberté, la justice et la dignité humaine demeure d’une actualité brûlante.

« Le combat demeure inachevé »

Pour la coalition Lamuka, cette commémoration n’est pas qu’un devoir de mémoire. C’est aussi un constat d’étape sur l’état de la démocratie congolaise.

« Trente-quatre ans plus tard, les idéaux de liberté, de justice et de respect des droits humains portés en 1992 restent d’une brûlante actualité », a estimé la plateforme d’opposition, pour qui le combat pour lequel ces martyrs ont donné leur vie demeure « inachevé » .

Martin Fayulu a profité de cette journée pour lancer un appel à la « cohésion nationale » et à la « défense de l’intégrité nationale » en mémoire des disparus.

Un souvenir ancré dans la mémoire collective

Le 16 février 1992 reste une date charnière dans l’histoire politique de la RDC. Elle symbolise à la fois l’espoir démocratique né de la Conférence nationale souveraine et la brutalité du pouvoir d’alors face aux aspirations populaires.

À Matonge, quartier populaire de Kinshasa souvent épicentre des contestations, la mémoire de cette journée sanglante se transmet de génération en génération. Les murs du centre-ville portent encore, par endroits, des inscriptions ou des fresques rappelant le sacrifice de ces hommes et femmes tombés pour la liberté.

Une commémoration sous tension politique

Cette année, l’hommage intervient dans un climat politique marqué par des tensions récurrentes entre la majorité au pouvoir et l’opposition, et alors que des processus de dialogue (initiatives angolaises, médiation de l’UA) peinent à aboutir.

Pour Lamuka, rappeler le souvenir des martyrs de 1992, c’est aussi interpeller le pouvoir actuel sur ses engagements démocratiques et la nécessité de garantir les libertés publiques. Un message que Martin Fayulu et ses partisans entendent porter haut, trente-quatre ans après les événements tragiques qui ont marqué à jamais la conscience nationale congolaise.

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