Kinshasa, Cité de l’Union africaine, ce jeudi 19 février 2026. Le soleil décline doucement sur la colline de la Gombe, mais à l’intérieur du palais présidentiel, l’atmosphère électrique annonce un moment d’histoire. Un géant de 33 ans, silhouette d’athlète et regard déterminé, franchit les portes de la résidence de Félix-Antoine Tshisekedi. Il s’appelle Tony Yoka. Il est champion olympique 2016, poids lourd au destin planétaire, et ce soir, il vient officialiser ce qui n’était qu’un rêve pour des millions de Congolais : il portera désormais les couleurs de la RDC.
Accompagné du ministre des Sports et Loisirs, Me Didier Budimbu, le boxeur français d’origine congolaise n’est pas venu les mains vides. Dans ses bagages, une médaille d’or, celle de Rio, conquise le 21 août 2016 dans la catégorie des super-lourds. Il la pose devant le chef de l’État, comme un symbole, comme une promesse. Celle-ci : faire mieux, ensemble.
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« Je veux ma licence Congolaise »
Devant le premier sportif de la nation, Tony Yoka ne perd pas de temps. Il annonce solennellement son souhait d’intégrer la Fédération Congolaise de Boxe. Pas question d’un simple rapprochement de cœur, d’une visite de courtoisie. Le champion veut du concret. Il demande sa licence congolaise.
Désormais, à chaque combat, sur chaque ring où il posera ses poings, c’est le drapeau bleu, jaune et rouge qui flottera sur ses épaules. Pour la boxe congolaise, c’est un tournant. Une fédération qui peinait à émerger sur la scène internationale s’offre soudain une vitrine planétaire. Tony Yoka, c’est un nom qui pèse dans la cour des grands. Un nom qui attire les projecteurs, les sponsors, les regards.
L’académie du renouveau : détecter les talents pour viser l’or
Mais le boxeur ne s’arrête pas à sa propre carrière. Devant un Félix Tshisekedi attentif, visiblement satisfait, il déploie la feuille de route d’un projet bien plus vaste : la création d’une académie de boxe en RDC.
Les objectifs ? Trois, simples et ambitieux. D’abord, détecter et former les jeunes talents locaux, ces gamins des rues de Kinshasa, de Lubumbashi ou de Goma qui n’ont parfois qu’un sac de sable pour apprendre à boxer. Ensuite, utiliser le noble art comme levier social, comme outil de réinsertion et d’espoir pour une jeunesse souvent livrée à elle-même.
Enfin, et c’est le plus brûlant : préparer les boxeurs congolais aux prochaines échéances olympiques. L’objectif est clair, et Tony Yoka le martèle : offrir à la RDC sa toute première médaille d’or olympique. Un Graal que le pays poursuit depuis des décennies sans jamais l’atteindre.
« RDC, cœur de l’Afrique » : le poing comme ambassadeur
Le champion olympique a aussi une vision plus large. À travers ses futurs combats et le développement de son académie, il entend promouvoir le slogan « RDC, cœur de l’Afrique », ce branding national arboré depuis 2025 par quelques grands clubs européens. Tony Yoka veut que chaque coup de poing porté sur le ring soit aussi un coup de projecteur sur son pays d’origine.
C’est ce qu’on appelle le « nation branding » par le sport. Une façon de redorer l’image d’un pays trop souvent réduit à ses crises, pour le présenter au monde sous un jour nouveau : celui d’une nation de champions, de combattants, de gagnants.
Le combat qui fait déjà vibrer : Yoka contre Bakole
Et puis, il y a l’autre raison de ce séjour à Kinshasa. Tony Yoka est en RDC pour préparer l’organisation d’un combat décisif, celui qui l’opposera à Martin Bakole, l’autre figure majeure de la boxe mondiale d’origine congolaise. Un affrontement qui fait déjà saliver les amateurs de boxe.
Les deux géants, tous deux Congolais de cœur et de sang, vont en découdre. Mais au-delà de l’affrontement, c’est toute la boxe congolaise qui sort grandi. Qu’importe le vainqueur, c’est la RDC qui gagne. Une exposition médiatique sans précédent, un duel fraternel au sommet, et la certitude que le pays pèse désormais dans la cour des grands du noble art.
Tshisekedi : « La renaissance de notre boxe »
À l’issue de l’entretien, le président de la République ne cache pas sa satisfaction. Félix Tshisekedi salue avec chaleur le patriotisme de Tony Yoka. Il voit dans cette rencontre bien plus qu’une simple formalité administrative : c’est un symbole, celui de la renaissance de la boxe congolaise.
« Nous venons de franchir un nouveau tour avec un allié de taille », glisse le chef de l’État à ses proches. Un allié qui ne boxe pas seulement pour lui-même, mais pour tout un peuple. Un allié qui, à 33 ans, au sommet de son art, a choisi de retourner à ses racines pour y semer les graines du futur.
Ce jeudi 19 février 2026, dans le salon feutré de la Cité de l’Union africaine, un champion a rendu hommage à ses origines. Et un pays tout entier s’est pris à rêver d’or, de gloire et de poings levés vers le ciel.



